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Tome premier.
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THUCYPIDE .

vaient repondre Oui; on les cmmenait,on leur donnait la mort; personne nefut excepte. II n’y eut pas moins dedeux cenls Plateens egorges, vingt-cinqAtheniens qui avaient soutenu le siegeavec eux, subirent le meine sorl. Lesfemmes fnrent reduites en servitade.Quant ä la ville, les Thebains besseremla faculte de 1’babitei' pendanl un an ädes Megariens que les troubles venaienld’eloigner de leur patrie, et ä ccux desPlateens qui restaient et qui avaient eiede leur faction. Mais ensuite ils la ra-serent jusque dans ses fondemens, bä-tirent sur le sol meme de l’hieron deJunonun portiquequi avait deux Centspieds en tous sens, auquel tenaienl deslogemens hauts et bas, et lirent entrerdans cette conslruction les toits et lesportes de l’ancienne. Les autres mate-riaux qui se trouverent dans la ciladelle,servirent ä des lils soigneusementfaits,qui furent consacres ä Junon, en l’hon-neur de qui l’on erigea un temple depierre de cent pieds. Quant ä leurs ter-res, Thebes les confisqua, les affermapour dix ans, et en perfut le revenu.La cause probable, ou plutöt la seuleet unique cause de tant de rigueur dela pari des Lacedemoniens envers ccuxde Plalec, fut l’esperance de granclsServices que leur rendraient les The-bains dansla guerre ou l’on setrouvaitengage. Ainsi perit Platee, quatre-vingt-treize ansapres etre devenue l’al-liee d’Athenes.

Chai*. 69. Cependant les quarantevaisseaux du Peloponnese partis poursecourir Lesbos, misenfuite, poursui-vis par les Atheniens, et battus de lalempete ä la bauteur de la Grete, rega-gnerent en desordre les cöles de leurpays. Ils renconlrerent ä Cyllene treizevaisseaux de Leucade et d’Ampracie,et Brasidas, fils de Tellis, arrive pouraider Mcidas de §es conseils; car les

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Lacedemoniens, ayant manque leurprojet de secourir Lesbos, jugerent äpropos d’equiper une flotte plus nom-breuse, et, pendanl que les Atheniensn’avaient que douze vaisseaux ä Nau-pacte, d’aller a Corcyre, enproiealorsaux seditions. Ils avaient ä coeur de lesprevenir avant qu’il leur vint du se-cours d’Athenes. Brasidas et Alcidass’occupaient de cette expedition.

Cuap. 70. Les troubles de Corcyreavaient commence au retour des ciloyensfaits prisonniers au combat naval d’fipi-damne. Les Corintbiens pretendaientles avoir reläches sur une caution debuit cenls lalens, que leurs proxenesavaient donnee pour eux : mais la ve-rite esl que ces prisonniers s’elaientiaisse engager ä leur livrer Corcyre. Ilsintriguaient en effet aupres des citoycns,qu’iis visitaient successivemcnt, lespressant de se soulever contre Athenes.Mais, un vaisseau d’Athenes et un deCorinthe ayant amene des deputes, ilse tint des Conferences, et les Corcy-reens decreterent qu’iis persisteraient,suivant le traite, dans l’alliance d’A-thenes, sans rompre pourtant avec lesPeloponnesiens, leurs anciens arnis. Uncertain Pithias, qui, de son propre mou-vement, remplissait aupres des Atbe-niens les fonctions de proxene, etail äla tetc de la faction du peuple. Les gensde la faction contraire l’appelerent enjustice, l’accusant de vouloir asservirson pays aux Atheniens. 11 fut absous,et ä son tour il fit mettre en jugementcinq des plus riches ciloyens, qu’il ac-cusait d’avoir arracbe des palissades del’enceinte sacree de Jupiter et d’Al-cinus. L’amende, pour chaque picu,etait d’un stater. Condamnes, ils se re-fugierent dans les hierons en qualilede supplians. Commc la somme etaitforte, ils demandaient, pour l’acquit-tor, qu’ellc lul partagce en plusieurs