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deralion; tont ce qui peut elre commisd’infractions ä la loi par des infortunesqui veulent se delivrer de l’indigence, etqui, egares par leur passion, ne songentqu’ä s’emparer des richesses d’autrui,au mepris de la justice; enfin tout ce quepeuvent exercer d’atrocites et de fureursdes hommes qui, armes moins par la cu-piditö que pour le maintien de l’egalitepolilique, marchent d’exces en exces,ne prenant conseil que de l’ignoranceet d’une fougue insensee. Au milieu decette confusion de tous les principes,l’homme, qui se plait ä commetlre l’in-justice, mSme sous l’empire des lois quila condamnent, ayant secoue ce joug,se montra a decouvert tel qu’il est, sansforce contre sa passion, fort contre lajustice qu’il aneantit, ennerni de toutesuperiorite. Sous le regne des lois, prived’une funeste puissance, il n’eüt jamaisprefeve, ni la vengeance ä tout ce qu’ilyadesacre, ni le gain ä l’equile. L’in-sense! pour triompher de ses ennemis,il prelend dötruire ces meines lois qui,ä des epoques de semblables crises, auxjours du mallieur, veilleraient pour lesalut de tous et offriraient encore quel-que lueur d’esperance : il ne laisse riensubsister de ce qui deviendrail la sauve-garde de quiconque reclamerait l’appuide quelqu’une de ces lois.
Chap. 85. Les Corcyreens de la villese livrerent les premiers ä leurs ressen-timens les uns contre les aulres. Eury-medon et les Atheniens se retirerent avecla flotte qui les avait amenfe. Dans lasuite, les Corcyreens fugitifs, dont einqCents environ avaient echappe aux mas-sacres, s’emparerent des forts eleves surle continent, se rendirent mailres duterritoire oppose ä leur ile; de lä, ilspartaient pour aller piller les habitansde l’ile, qu’ils incommodaient au pointgu une grande disette se fit sentir dansCorcyre. 11s envoyerent des dPputes ä
, MV. III.
Lacedemone et ä Corintbe pour solliciterleur rappel; et, comme on ne faisait rienpoureux, ils seprocurerentdes vaisseauxet des troupes auxiliaires, et passerentdans l’ile au nombre de six cents auplus. Ils mirent le feu ä leurs vaisseauxpour ne se reserver d’aulre ressourceque la conquete du pays,et s’etablissantsur le mont Istöne, ils le fortifierent,inquieterent de lä les habitans de la villeet devinrent maitres de la Campagne.
Chap. 86. A la fin du meme ete, lesAtheniens expedierent vingt vaisseauxen Sicile, sous les ordres de Laches, filsde Melanope, et de Chareadc, fils d’Eu-phylöte. Les Syracusains et les Leontinsse faisaien t la guerre. Les premiers comp-taient pour alliees, excepte Camarina,loutes les villes doriennes, qui, des lecommencement des hostilites, s’etaientliees avec les Lacedemoniens, sans com-battre cependant avec eux. Les Leontinsavaient Camarina et les villes d’originechalcidienne. En Italie, les Locriens favo-risaient Syracuse, et ceux de Rhegium,les Leontins, ä titre de consanguinite.Les allies des Leontins deputerent äAthenes, en vertu de leur ancienne liai-son et en qualile d’Ioniens, et engage-rent cette republique ä leur envoyer desvaisseaux, car les Syracusains les resser-raient etroitement par terre et par mer.Les Atheniens y consentirent sous pre-texte d’amitie; mais, dans la verite, ilsvoulaient empecher qu’on exporlät duble de la Sicile dans le Peloponnese,et essayer de se rendre maitres de cetteile. Ils aborderent donc ä Rhegium enHabe, et firent la guerre conjoinlementavec leurs allies. L’ete alors fmissait.
Chap. 87. Au commencement de l’hi-ver, la peste altaqua une seconde fois lesAlbaniens : sans avoir jamais entiere-ment cesse, eile avait laisse quelquetreve. Elle ne dura pas cette seconde foismoins d’une annee; la premiere fois eile