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Tome premier.
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THUCYDIDE

m6e peloponnösienne, plus considera-ble, occupait plus de terrain. Demos-thene, craignant d’ölre enveloppö, miten embuscade, dans un chemin creuxmasque par des buissons, des hopliteset des psiles, dont les deux troupesmontaient ä quatre cents. Au fort del’action, ils se leveraient et prendraientä dos les ennemis du cöte oü ceux-ciauraient l’avantage. Apres avoir fait depart et d’autre toutes les dispositions,on en vint aux mains. Demosthene etaitä l’aile droite avec les Messeniens et unefaible partie des Atheniens. Les Acar-nanes, suivant que chacun d’euxavaitete place, formaient l’autre aile, avecquelques archers amphiloques. LesPe-loponn&iens et les Ampraciotes etaientmöles ensemble, excepte les Mantineens.Ceux-ci, places surtout ä la gauche, enoccupaient la plus grande partie, sanspourtant s’elendre jusqu’ä l’exlremitede cette aile. Euryloque, ä la gauche,avec ses troupes, se trouvait oppose auxMesseniens et ä Demosthene.

Ciiap. 108. Dejä labatailleetait com-mencee, dejä l’aile oü combattaient lesPeloponnesiens avait l’avantage et en-veloppait la droite de l’ennemi, quandles Acarnanes qui avaient ete places enembuscade fondent sur eux par derriereet les attaquent si vivement que ceux-cine peuvent soutenir leur premier choc;happes de terreur, ils entrainent danslern- fuite la plus grande partie des trou-pes, qui n’avaient pu voir sans eflfroil’aile commandee par Euryloque, et quicomposait la plus grande force de l’ar-mee, mise en deroute. Les Messeniens,qui, sous la conduite de Demosthene ,etaient opposes ä cette aile, eurent sur-tout l’honneur de la victoire.

Cependant les Ampraciotes et ceuxde l’aile droite, vainqueurs de leur cöte,poursuivaient les ennemis vers Argos.Ce sont les hommes les plus belliqueux

, uv. III.

du pays. Mais quand, ä leur retour, ilsvirent la defaite du principal corps deleur armee, vivement presses eux-mö-mes par les autres Acarnanes, ils s’en-fuirent non sans peine jusqu’ä Olpes ;un grand nombre perit en se jetant pre-cipitamment et sans ordre dans cetteplace. Les Mantineens firent retraite enmedleur ordre que le reslede l’armee.L’action finit sur le soir.

Chap. 109. Le lendemain, Menedee,qui remplagait dans le commandementEuryloque et Macarius, tues tous deuxdans l’action, sevoyantassiege parterreet par mer, ne savait, apres une teiledefaite, comment soutenir un siege, nicomments’ouvrirune retraite. II fit doncporter des paroles d’accommodement äDemosthene et aux generaux des Acar-nanes , pour obtenir la permission de seretirer et celle d’enlever les morts : ilslui accorderent cette derniere demande,dresserent eux-memes un trophee, etrecueillirentlescorps des hommesqu’ilsavaient perdus, et qui montaient ä envi-ron trois cents. Mais ils refuserent d’ac-corderouvertementätous les ennemis lalibertöde faire retraite; seulement,De-mosthene et les generaux des Acarnanespermirent secretement aux Mantineens,ä Menedee, aux autres chefs des Pelo-ponnesiens , et ä tous les hommes lesplusconsiderables de cette nation, de seretirer promptement. Ils avaient en vued’affaiblirles Ampraciotes et la foule desmercenaires etrangers, mais surtout derendre suspects aux Hellenes de cettecontröe les Lacedemoniens et autres Pe-loponnesiens, commegensqui les trahis-saient, en mettant leur propre interötau-dessus de toute autre consideration.Ceux-ci enleverent leurs morts, les en-sevelirent comme ils purent avec preci-pilation; et ceux qui avaient obtenu lapermission de fairesecretement retraite,se disposerent ä en profiter.