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TIIUCYDIDE
quait devivres et n’avait pu faire quefort ä la häte ses provisions de guerrc;tandis que les Atheniens auraient contrceux, et l’ile garnie de tvoupes, et lecontinent, oü ilsnc pourraienteffectuerde descente : car, la cöte möme de Py-)os, en dchors de l’entree du port etdu cöte de la plaine, etant de difücileabord, ilsne trouveraient pas de pointd’oü ils pussent sc porter ä la defensedes leurs. Le plan arrete, ils jetlentaussilöt dans l’ile unegarnison compo-see d’hoplites pris au sort dans toutesles divisions de l’arniee: d’aulrcs en-suite y passerent pour relevcr ccux-ci,et furent ä leur tour remplacös. Enfin,ceux qui y passerent les derniers, etqu’on fut oblige d’y laisscr, elaient aunombre de quatre cent vingt, sans comp-lerlesllilotesaltachesä leurservice: fipi-tadas, fils de Molobrus, lescommandait.
Cüai». 9. Dcmoslhene, voyanl lesdispositions que faisaient les Lacedemo-nicns pour l’assaillir par terre et parmer, se preparait, de son cöte, ä les bienrecevoir; apres avoir mis a sec et trainepres de la forlificalion les trois vaisseauxqui lui restaienl, il les environna depieux. Les malelots ra;urent de lui demauvais boucliers fails d’osier pour laplupart; car, dans ce lieu desert, il etaitimpossible de se prpcurer des armes :encore fut-il redevable de celles-lä ä uncorsaire messenien, vaisseau ä trenterames et tres-legcr, qui se renconlradans ces parages. Parmi ces Messeniensse trouverent une quarantaine d’ho-plites qu’il incorpora dans sa troupe.
11 posla donc la plus gründe parlie deses soldats, armes pesammcnt ou ä la■legere, sur les points les micux forlifiesM les plus sftrs, faisant face au conli-oent, avec ordre de repondrc aux atta-ques de l’infamerie cnnemie, si eiletentaitdeles forcer. Pour lui, ä la teledesoixante hoplites ct de quelques ar-
liv. iv.
| chers, l’elite de son armee, il sorlit des
J retranchemens et mareha vers la mer,
I s’attendant bien que les Lacedemonienshasarderaient la descente, surtout dececöte : car, bien que ce point fut de dilfi-cile acccs et heriss^de roches (ourneesvers la mer, comme c’etait la parlie laplus faible de la forteresse, il pensaitque l’ennemi porterait vers ces rochestout l’effort de l’allaquq. Les Atheniensavaicnt juge inutile de fortifier soigneu-seinent ce point, pensant cpie leurs ad-vcrsaires ne leur seraient jamais supe-rieurs sur mer; mais ils ne donlaientpas que, la descente une fois operee, laplace ne füt bientöt prise : en conse-quence, leur clief s’avance de ce cötesur le rivage, y ränge ses hoplites, pourempecher, s’il est possible, le debar-quemenl de l’ennemi, et anime leurvaleur cn ces termes :
Ciiap. 40. « Compagnons, qui parta-gez avec moi le peril present, qu’aucunde vous, dans une circonstance aussiimpericuse, ne cherche ä faire preuved’liabilete, en calculant tous les dangersqui nous environnent. Fcrmons bienplutöt les yeux sur ces dangers; animesd’un genereux espoir, unissons-noustous pourrepousser l’ennemj. Quand lescirconstances commandent, lorsqu’onest, comme nous, force d’agir, on neraisonnc pas sur les dangers de sa Posi-tion , on court les afffronter. Je vois, aureste, plus d’une chance favorable,pourvu que nous soulenions l’attaqueavec fermete, et que nous n’allions pas,intimides par le nombre, trahir läche-ment nos avantages. En effet, si nousvoulons tenir ferme, ce lieu, par les ob-stacles natu reis qu’il presente aux assail-lans, secondera puissamment notre re-sistance; si nous cedons, au contraire,(juoique d’un abord difficilc, il cesserades lors d’elre inacccssible ä un ennemidont persoone ne repoussera plus les
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