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efforts. Et quand meme, apres avoirplie, nous ferions des prodiges de va-leur, n’aurons-nous pas afiaire ä desennemis d’autant plus terribles, qu’ilsverront la retraite presque impossible?Tant qu’ils seront sur Ies vaisseaux,vous les repousserez facilement. Maisje les suppose meme descendus : nevous effrayez point; malgre leur multi-tude, vous combattrez encore ä forcesegales. Quel que soit leur nombre,gräce aux difficultes du debarquement,vous n’aurez ä la fois qu’une poigneed’bommes en tete. Leur armee, ä la ve-rite, superieure cn forces, n’est pas surterre comme la nölre; eile est sur desvaisseaux, et les troupes en mer ont be-soin, pour le debarquement, d’un con-cours de circonstances favorables : desorte qu’ä mon avis l’inferiorite dunombre se trouve bien compensee pournous par les embarras de leurs manoeu-vres. Vous etes Atheniens; votre expe-rience dans la marine vous a appris cequ’est une descente; vous savez que,pour n’etre pas forces, il vous suffira desoutenir le premier choc, de ne pas re-culer devant le fracas des vagues et l’im-petuosite des vaisseaux se precipitantsur la live." Je vous conjure donc detenir ferme sur les bords de ce roc, derepousser l’ennemi, et de sauver ainsivous et la place. »
Chap. 14 . Cette harangue de Ddmos-thene redouble la confiance des Athe-niens : ils descendent et se rangent aubord de la mer. Cependant les Lacede-moniens s’ebranlent; ils attaquent enmeme temps et par terre avec leurstroupes du continent, et par mer avecquarante-trois vaisseaux sous la con-duite de Thrasymdlidas, fds de Crate-sicles, Spartiate, qui tente la descenteprecisement ä l’endroit prevu par De-mosthene. Des deux cötes, les Atheniensfont la plus belle defense. Les Lacede-
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moniens avaient partag6 leurs bätimensen petites divisions, parce qu’il etaitimpossible qu’un grand nombre enträtä la fois; et tandis qu’ils tenaient en Sta-tion le gros de leur flotte, le resle abor-dait partiellement; ils deployaient unecourageuse activite, ils s’animaientlesuns les autres ä enfoncer l’ennemi, aempörter les retranchemens. Gelui quise faisait le plus remarquer par son ar-deur, etait le trierarque Brasidas. S’a-percevant que ses collegues et les piloteshesitaient ä effectuer la descente .dansles endroits meme oü eile etait possible,qu’ils s’y portaient mollement dans lacrainte de briser : « Quoi! s’ecrie-t-il,pour epargner du bois, nous laisserionssubsister des forlilications elevees parnos ennemis sur nolre propre territoire!Mettons nos vaisseaux en pieces, maisforqons le passage. Et vous, allies, enreconnaissance de nos bienfaits, n’he-sitez pas ä faire aujourd’hui aux Lace-demoniens le sacrifice de vos vaisseaux.Quoi qu’il en puisse coüter, echouez,abordez, emparez-vous et des hommeset de la place. »
Chap. 12. A cette vive exhortationiljoint l’exemple. 11 force son pilote defaire aborder son propre bätiment, etvole ä l’echelle : dejä m&me il descen-dait. Les Atheniens le repoussent: percede traits, couvert de blessures, il perdconnaissance, et roule dans 1’intervaDequi separe les rameurs de la proue; sonbouclier tombe dans la mer, est poussepar les Hots sur le rivage, et recueilüpar les Atheniens, ils en firent depuisle principal ornement du trophee qu’ilseleverent apres l’action. Les autres si-gnalaient aussi leur intrepidite; maisle couragedes Atheniens qui, fermes aleur poste, ne cedaient pas le moindreespace de terrain, et aussi l’escarpementde la cöle, les empechaient d’aborder.On voyait donc, comme parunjeubi-