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Tome premier.
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266 TIIUCYDIDE

charrette, et la faisaienl rent*tr par laporte, pour que l’expedition nocturnefüt ignoree de ceux qui etaient ä Minoa,aucun vaisseau ne paraissant dans leport. Dans la nuit dont nous parlons, lacharrette 6tait dejä devant la porte; eiles’ou vrit comme ä l’ord inaire pour laisserentrer le canot, et les Atheniens, quiavaient le mot, accoururent de leur em-buscade avant qu’elle se fermät. 11s sai-sirent le moment oü la charrette la tra-versait et en empechait la clölure, e't, äl’aide des Megariens complices, ils tue-rent les gardes. Les Plateens et lescou-reurs aux ordres de Demosthene arri-vcrent les premiers au lieu oü est äpresent le trophee. 11 y eut un combatau-delä des portes, entre eux et ceux desPeloponndsiens les plus voisins, qui, sedoutant de ce qui se passait, venaientapporier du secours. Les Plateens rem-porterent la victoire, et protegürent lepassage des hoplites atheniens qui arri-vaient.

Ciiap. 68. Ceux-ci, ä mesure qu’ilsenlraient dans les longs murs, s’avan-gaient vers les murailles. Les soldats dela garnison peloponnesienne resisterentd’abord en petit nombre; il y en eutplusieurs de tues; mais la plupart s’en-fuirent, effrayes de l’attaque nocturne etsubite des ennemis, ä qui se joignaientdes citoyens perfides. Ils se croyaienttrahis par tout le peuple de Megäre d’au-tant plus que le heraut alhdnien, desonpropre mouvement, s’avisa de procla-mer que tous les Megariens qui vou-draient embrasser le parti d’Atheneseussent ä deposer les armes. A cette pro-clamation, les Peloponnesiens cesserenttoule resislance, et, croyant avoir toutle peuple pour ennemi, ils se refugierentä Nisee. Au lever de l’aurore, comme leslongs murs etaient dejä empörtes, et queles Megariens de la ville etaient dans laplus grande agitation , ceux qui avaient

, LIV. IV.

agi pour les Atheniens, et tous ceuxd’entre le peuple qui avaient connais-sance du complot, disaient qu’il fallaitouvrir les portes et aller au combat. Ilsetaient convenus avec les Atheniensqu’aussitöt que ceux-ci verraient lesportes ouvertes, ilssejetteraient danslaville, et qu’eux-memes, pour etre epar-gnes et se faire reconnaitre, auraient levisage frotte d’huile. Ils pouvaient ou-vrir les portes en (oute sürete; car onavait promis que quatre mille hoplitesd’Athenes et six cenls chevaux vien-draient d’fileusis pendant la nuit, et ilsetaient arrives. Doja les conjures, frollesd’huile, se tenaient aux portes, quandun homme instruit du complot en fitpart aux autrescitoyens. Ceux-ci se reu-nissent et arrivent en foule, disant qu’ilne faut pas sortir; que c’est exposer laville ä un danger manifeste; que meme,dans un temps oü l’on avait plus deforce, jamais on n’avait ose prendre unerdsolution si temeraire. Ils etaient prttsä combattre quiconque la soutiendrait.D’ailleurs, ils ne laissaient point paraitrequ’i Is eussent aucune connaissance de cequi se tramait; et, non contens de sou-tenir leur opinion comme la meilleure,ils restaient constamment ä la gardedesportes. Ainsi les conjures ne purent fairece qu’ils avaient projete.

Chap. 69. Les generaux atheniens,voyant qu’il s’elevait quelque obstacle,et n’elant pas en etat de forcer la ville,se mirent aussitöt ä investir Nisee d’unmur de circonvallation, dans la penseeque s’ils enlevaient cette place avantqu’on la secourül, la reddition de Me-gäre trainerait moins en longueur. Ilsne tarderent pas ä recevoir d’Alhenes dufer, des tailleurs de pierres, tout cedont ils avaient besoin. Ils commen-cerent la construction en parlant dumur dont ils 6taient maitres, et ilscontinuörent le mur qui va ä Megäre,