THUCYDIDE, UV. XV.
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en le prolongeant des deux cötes de Ni-see jusqu’ä la mer. L’armee se partageale travail des murs et du fosse; on seservil des pierres et des briques du fau-bourg; on coupa dans la foret des boisde loute espece; on dressa des palissadesaux endroits qui en avaient besoin, etles maisons du faubourg, en recevantdescreneaux, furent eües-memes chan-gees en fortificalions. On consacra ä cetravail la journee tout entiere : le lende-main,ä la chute du jour, le mur elaitpresque entierement termine. La garni-son renfermee dans Nisee manquait devivres, sans qu’on püt, corame de cou-turae, lui en apporler dela ville haute.D’ailleurs, eile ne s’attendait pas ä rece-voir prochainement des secoursde la paridesPeloponnesiens, et eile regardait lesMegariens corame ennemis. Frappee desdangers de sa position, eile capitula, etconvint de se racheier pour une sommed’argent par tete, de livrer les armes,etd’abandonner äla discretion desAthe-niens les Lacedemoniens, leur comman-dant, et tous ceux qui se trouveraientdam Nisee. Elte sorlitä ccs conditions.Les Atheniens interceptcrent les Com-munications de Megäre ä la mer, encoupant une portion des Iongs murs, äpartit de Megäre; et, devenus maitresdeNisee, ils pvirent les diverses mesuresque necessilait cclte conqufelc.
Ciup. 70. Malheureusement pourAlhcnes, Brasidas de Lacedemone, filsde Tellis, se trouvait alors dans la Si-cyonie et la Corintbie, se preparant äune expedition contre l’ßpithrace. Alanouvelle de la prise des longs murs,craignant pour les Peloponndsiens deNisee,etmßmepour Megäre, il mandaauxBeotiens de venir en diligenceasarencontre a Tripodisque, bourg de laMegaride, au pied du mont Geranie :lui-meme partit avee deux mille septßentg hoplites de Corinlhe, quatre Cents
de Phlionte, six Cents de Sicyone, ettout ce qu’il avait dejä rassemble detroupes. 11 comptait prevenir la prise deNisde. 11 apprend qu’elle vient de serendre : faisant route alors de nuit pourTripodisque, il prend avec lui quatrecents hommes d’elite, et s’approche deMegäre sans 6tre apergu des Atbenienscampds sur le rivage. 11 annon^ait l’in-tention, qu’il avait en effet, d’attaquerNisee, s’il enlrevoyait la possibilite dusucces; mais il desirait surtout d’entrerdans Megäre et de mettre la ville en sü-rete. Il pria les habitans de le recevoir,leur (emoignant qu’il ne desesperait pasde reprendre Nisee.
Chap. 71. Mais des deux faclions quipartageaient Megäre, l’une craignait queBrasidas, faisant renlrer les exiles, nela chassal elle-meme; l’autre, que lepeuple, dans cette apprehension, ne sejetät sur eile, et que la ville, ayant laguerre dans son sein, ne devint la proiedes Atheniens qui la gueltaient. On re-fusa donc de le recevoir: les deux partisresolurent derester tranquilles observa-teurs de l’6venement; ils s’attendaient äun combat entre les Atheniens et ceuxqui 6taient venus pourd6fendre la place,et pensaient qu’il y aurait plusdesüreleä se rapprocher du parti victorieux, quioffrirait une garantie ä l’opinion qu’onavait manifestee. Brasidas, n’ayanl pureussir ä persuader, alla rejoindre legros de son armee.
Chap. 72. Des le lever de l’aurore,parurent les Beotiens. Meme avant lemessage de Brasidas, ils avaient resolude venir au secours de Megäre, ne secroyant pas etrangers aux perils quecourait cette place; et d’ailleurs ils setrouvaient dejä sur le territoire de Plateeavec toutes leurs forces; mais l’arriveedu message ajouta beaucoup ä leur pre-miere ardeur. 11s envoyerent donc ä Bra-sidas deux mille deux Cents hoplites et