THtCYDIßE
de faire le plus honorable accueil ä Bra-sidas, ils lui decernerent, aux frais dupublic, une couronne d’or, comme auliberateur de l’Hellade, et, en particu-lier, ils lui ceignirent la töte de bande-lcltes et le traiterent en athlete victo-rieux. II lern- laissa pour le momentquelques troupes de garnison, et par-til; mais bientöt apres, il leur envoyades forces bien plus considerables, dansle dessein de faire avec eux des tentati-\es suv Mende etsur Potidee. Persuadeque les Atheniens ne pouvaient man-quer de secourir une possession’qu’ilsregardaient comme une ile, il voulaitprendre les devans. 11 lia quelques in-telligences dans ces villes, et se disposaen meme temps ä les attaquer.
CiiAr. 112. Cependant arrivörent surune triremc des depules charges de luiannoncer la treve; de la part des Athe-niens, Arislonyme; et de la part desLacedemoniens, Athende. L’armee re-tourna ä Torone. Athende et Aristonymecommuniquörent ä Brasidas les articlesconvenus. Tous les alliesdeLacedemonedans l’Epitbrace adhörcrenl ä ce qui ve-nait cl’etre arrötd. Aristonyme donnason aveu ä tout; cependant, en suppu-tant les jours, il reconnut que les Scio-niensn’avaientoperöleurdefectionqu’a-presla conclusion du traite, et il soulintqu’ils ne pouvaient y etre compris. Bra-sidas, alleguant beaucoup de raisonspour prouver que la defection etait an-terieure, s’opposait ä la reslitution de laplace. Quand Aristonyme eut renducompte de l’affaire aux Atheniens , ilsse montrerent preis ä marcher aussitötcontre Scione. Les Lacedemoniens leurenvoyerent une deputation pour leurdeclarer qu’ils rompaienl la treve. Ilsreclamaient la place sur le temoignagede Brasidas, se montrant d’ailleurs dis-poses ä terminer l’affaire par voie d’ar-biirage; mais les Atheniens refusaieyt
, liy. iV. 287
d’en courir les hasards, et voulaient envenir aussitöt aux armes, indignesquedes insulaires songeassent ä quitter leuralliance, se reposant sur les forces deLacedemone; respectables sur terre ,mais inutiles pour eux. La vörite sur ladefection de Scione ötait conforme ä cequ’ils pensaient: cette defection n’avaiteu lieu que deux jours apres la treve.Ils decretörent aussitöt, d’apres le rap-port de Cldon , qu’il fallait prendreScione et punir de mort les babitans, etils laisscrent de cötd tout le reste, pourse disposer ä l’execution de ce decret.
Ciiap. 125. Surcesenlrefaitesla villede Mende, colonie des Lretriens dans laPallene, suivit l’exemple de Scione.Brasidas n’hesita point ä la recevoir, necroyant pas commetlre une injustice,quoiqu’elle se donnftt ouvertement ä luipendant la treve : car il avait de soncöte cerlaines infractions ä reprocheraux Atheniens. Les Mendeens s’cnhardi-rent en voyant raflection de Brasidaspour eux, et surtout par l’exemple deScionequ’il n’avait pas livree. D’ailleursceux qui parmi eux inlriguaient pourcette döfection, etant peu nombreux,ayant suivi leur projet avec ardeur desqu’ils s’y elaient determines, et crai-gnantde lelaisser eventer avant l’execu-tion, avaient, contre toute attente, forcele peuple ä embrasser leur parti. LesAtheniens, ä cette nouvelle, bien plusirritesencore, se preparerent ä chätierles deux villes. Brasidas, informe deleurproebain embarquement, fit transportersecretement ä Olynthe, dans la Chalci-dique,lesfemmeset les enfans de Mendeet de Scione, et envoya dans ces placescinq cents hoplites du Peloponnese ettrois cents peltastes de la Chalcidique,tous sous la conduite de Polydamidas.Ils s’attendaient ä voir arriver incessam-ment les Atheniens; ils accelörerent encommun leurs dispositions,