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Tome premier.
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288
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«88 THUCYD1DE

Chap. 424. Vers le menie temps,Brasidas et Perdiccas se reunirent pom-aller une seconde fois combattre Arrhi-bee ä Lyncus. L’un conduisait avec luila portion des forces macedoniennesdont il disposait, et les hoplites desHellenes etablis dans ses 6tats; l’autre,les Chalcidiens, les Acanthiens, et leconiingent de diversautres peuples, sansparier des troupes du Peloponnese quietaient resteesä ses ordres: il n’y avait pasen tout plus de trois mille hoplites hel-lenes. Toute la cavalerie macedoniennesuivait avec les Chalcidiens, au nombred’unpeu moins de mille hommes. Ilsfirent une invasion dans le pays d’Ar-rhibee, trouverent les Lyncestes camp£set qui les atlendaient, et camperent eux-memes en leur presence. L’infanteriedes deux armees se porta chacune surune eolline : une plaine les separait: lacavalerie y descendit. Il y eut d’abordun choc enlre les deux partis. Les ho-plites des Lyncestes descendirent eux-memes pour soutenir leur cavalerie; ilss’avancerent et offrirent le combat. Bra-sidas et Perdiccas mareherent aussi au-devant des ennemis, les joignirent etles mirent en fuile. 11 en peril beaucoup;le resle se refugia sur les hauteurs, et selintdansl’inaction.Lesvainqueursdres-serent un trophee, et resterent deux outrois jours ä attendre les Illyriens qui de-vaient arriver et que Perdiccas avait prisä sa solde. Ce prince voulait, sans s’ar-reler, aller atlaquer les bourgades de ladomination d’Arrhibee; mais Brasidasetait plus empresse de partir que de sui-vre ce projet >.-craignant que les Alba-niens se portassent ä Mende avant sonretour, et qu’il n’arrivät quelque mal-heur ä cette place : d’ailleurs les Illy-riens n’arrivaient pas.

Ciiap. 125. Pendant qu’ils etaientainsi partages d’opinion, on vint leurannoncer que les Illyriens, trahissant

, uv. IV.

Perdiccas, s’etaient joints ä Arrhib£e.Alors les deux chefs sc declarerent ega-lement pour la retraite, dans la crainteque leur inspirait ce peuple belliqueux :mais, comme ils etaient toujours peud’accord, il n’y eut rien de determine surle moment du depart. La nuit survint;les Macödoniens et la foule des Barbaresfurent saisis d’effroi, comme il arrivesouvent aux grandes armees de se livrerä de folles lerreurs. Se figurant que lesennemis s’avan^aient plus nombreuxqu’ils n’etaient en effet, et qu’ä l’in-stant ilsallaient paraitre, ils s’enfuirentet prirent la route de leur pays. Perdic-cas ne s’etait pas aperpu d’abord de leurmouvement; ils le forcerent ä les suivreavant qu’il püt voir Brasidas : leurscamps etaient fort eloignes l’un de l’au-tre. Brasidas apprit au lever de l’au-rore que les Macedoniens etaient partis;qu’Arrhibee et les Illyriens appro-chaient. Il assembla ses forces, en fitun bataillon carre, plaga les troupes le-geres dans le centre, et resolut de partir.Pour evi ter toute surprise, il donna l’em-ploi de coureurs ä ses plus jeunes guer-riers; lui-meme, avec trois Cents hom-mes delite, ferma la marclie pourproteger la retraite et faire face aux pre-miers qui viendraient l’altaquer. En at-tendant que l’ennemi püt l’atteindre, ilprofita du peu de lemps qui lui reslaitpour adresser ä ses troupes quelquesmots d’encouragement; il leur parlaainsi :

Ciiap. 426. «Peloponnesiens,sijenesoupgonnais pas que vous etes effrayesdu delaissement de Perdiccas et de lapensee que les ennemis qui approchentsont des Barbares, et meine assez nom-breux , je ne songerais pas ä vous pre-senter des exhortations et des avertisse-mens. Des allies nous abandonnenl; denombreux ennemis approchent: je vais,par des avis succincts, par de tourte»^