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Tome premier.
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THtCYDIDE, UV. IV.

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exhortations, essayer de vous persuader |des vöritös importantes. Ce n’est pas la •prfeence d’allies, fidel es appuis dans ichacun de vos combats, mais votre pro- jpre vertu, qui doit vous inspirer de lavaleur. Le nombre des ennemis ne doitpas vous epouvanler, vous citoycns d’unpays oü ce n’est pas la multilude quicommandeau petil nombre, oü le pelitnombre au contraire commande ä lamultilude; vous qui n’avez acquis lapreeminence que par la superiorile dansles combats. Ces Barbares, que vous icraignez faule de les bien connailre,apprcnez ä les juger. D’apres les combatsque vous avez döjä livres contre eux, enfaveur des Macedoniens, d’apres mespropres raisonnemens, et d’apres lesrapports certains qui m’onl et<§ faits,sachez qu’ils ne sont point ä redouter.Des ennemis veritablement faibles peu-ventavoir une apparence de force; maisinstruit de ce qu’ils valent, on se defendavec plus de confiance, tandis que, sil’onne connaitpasd’avancedes ennemisd’une valeur ä toute epreuve, 011 se por-tera contre eux avec trop de temerite.Ces Barbares, pour qui ne les connaitpas, ne sont redoutables qu’aulant detemps qu’on differe de les attaquer: leurmultilude, leurs cris inspirent la lerreur;a les voir agiler leurs armes avec unevaine jactance, ils ont quelque chose demenagant: soutient-on leur attqque sansen 6 tie ebranle , ils ne sont plus lesmemes. Comme ils ne gardent point derangs, ils n’ont pas honte, aussitötqu’on les presse, d’abandonner la placeoüilscombatlaient. Parmi eux, la fuiteetant reputee aussi honorable, aussi glo-rieuse que l’altaque, il n’est point d’e-preuve pour le courage. Un combat danslequel chacun ne prend d’ordre que desoi-meme, fournira toujours des pre-textesdese sauverparla fuitesansencou-mdebläme. Jlstrouventplussürdenous

inspirer de l’effroi en se tenant eux-mömes loin du danger, que d’en veniraux mains; car dejä, sansdoule, ilsnousauraientaltaques. Vous voyez doncclai-rement que ce qu’ils pourraient avoirpour vous de terrible, esl en effet peu dechose, et que ce qui vous iniimide n’estimposant qu’aux regards et ä l’oreille.Quand ils viendront ä la Charge, rece-vez-les intrepidement, et quand lemo-ment sera favorable, operez lentementvotre retraite en bon ordre et sans rom-pre les rangs; et bientöt vous serez ensürete, et vous reconnaitrez ce que sont,vis-ä-vis des braves qui savent soutenirle premier choc, ces troupes meprisa-bles, dont le courage ne se manifesteque de loin et avant le combat, par debruyantes et vaines menaces. Mais, desqu’on leur cede, ne voyant plus de dangerä courir, eiles montrent leur valeur enpoursuivant avec legerete les fuyards. »Chap. 127 Apresce discours, Brasi-das fit faire ä son armee un mouvementretrograde. Les Barbares, s’apercevantde cette manoeuvre, s’avancerent en tu-mulle, poussantdegrands cris, persua-des que les Hellenes fuyaient, et que,j pour les detruire, il suffisait de les at-teindre. Mais quand, partout oü ils sepresentaient, les coureurs firent face;quand Brasidas lui - meine, avec seshommes d’elile, repoussa leurs attaques,lorsqu’ilsvirentque, contreleurattente,onresistaitäl’impetuosite de leur pre-mier choc; qu’on lenait ferme contreeux, et que l’on cominuait ä se retirerdes qu’ils cessaient d’atlaquer, alors laplupart renoncerent ä poursuivre enpleine Campagne les Hellenes comman-des par Brasidas; ils Iaisserent seulementune parlie de leur monde pour Je suivreet le harceler; les autres prirent leurj course ä la suite des Macedoniens, etI tuerenltoutcequ’ilspurentatteindre.Ils| allerem se saisir d’une gorgequiest entre

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