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Tome premier.
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TIIUCYDIDE, LIV. V.

d’essuyer ä Sphacterie un echec inconnujusqu’alors ä Sparte. Pylos et Cythereservaient de points de depart ä des in-vasions sur leurs lerres. Les Ililotes de-sertaient; ce qui leur en restait, d’inlel-ligence avec les deserleurs et prenantconseil des circonstances actuelles, neIramerait-il pas, comme aulrefois, quel-que revolution? Pour surcroit d’cmbar-ras, la treve de trente ans conclue avecles Argiens allait expirer, et ceux-ci n’envoulaient pas faire une autre qu’on neleur eüt d’abord rcslitue la Cynurie. LesLacedemoniens sentaient l’impossibilitede soutenir ä la fois la guerre contre Ar-gos et contre Athenes; ils soupconnaieritd’ailleurs quelques villes du Pelopon-nese de vouloir se deelarer pour les Ar-giens; ce qui en effet arriva.

Ciiap. 15. Depart etd’aulre, frappede ces considerations, on crut devoirs’accorder. Lacedemone surtout le de-sirait, impatiente de retirer les guerrierspris ä Sphacterie. 11 se trouvait parmieux des Sparliates du premier rang etliös de parenteavec les plus illustres fa-milles : des le premier instant de leurcaptivite, on avait negocie leur deli-vrance, et les Alheniens, dans la pros-perite, avaient refuse de l’accorder ädes conditions fondees sur des principesd’egalile; mais, apröslesavoirhumilidsä Delium, les Lacedemoniens, certainsd’öfre mieux recus, avaient conclu latreve d’un an, pendant laquelle de-vaient se tenir des Conferences pour envenir ä une paix plus durable.

Chap. 16. La chose devenait plus fa-cile, apres la defaile des Atheniens äAmphipolis et la mort toute recente deCleon et de ßrasidas. C’elaicnt eux qui,cles deux cöles, s’etaient le plus oppo-s& ä la paix : celui - ci, parce que laguerre devenait la source de ses prospe-riteset desagloire; l’autre, parce qu’ilsenlait que la paix eclairerait sur ses

mefaits et que ses calomnies obtien-draienl moins de creance. Mais quandils ne furent plus, les citoyens qui, dansce temps-lä, avaient le plus grand desirde procurer la preemincnce chacun ä sarepublique, Plistoanax, fds de Pausa-nias, roi de Lacedemone, et Nicias, filsde Niceratus, le general de son tempsqui avait le plus desuccös, montrerentun penchant decide pour le repos. Ni-cias, qui n’avait pas encore essuye derevers, voulait mettre ses prosperitesäl’abri; pour le moment, se delasser deses faligues et procurer du repos ä sesconcitoyens, et, pour l’avenir, s’assurerla reputation de n’avoir jamais trompel’espoir de l’etat : il senlait bien que cesheureux resullats etaient assures pourquiconque, ecartant les dangers, nes’abandonnait pas aux hasards de lafortune, et que la paix seule procuraitune entiere securite. Pour Plistoanax,sesennemis le tourmentaient au sujet deson retour d’exil: toujours preis ä eveil-ler les scrupules des Lacedemoniens ächaque revers, comme si leurs mauvaissucces n’avaient d’aulre cause que cerappel, qu’ils traitaient d’illegal. Ils l’ac-cusaient, ainsi qu’Aristocles son fröre,d’avoir gagne la pretresse qui rendaitdes oraclcs chez les Delphiens, et d’avoirlong-temps fait donner pour reponse auxtheores venant de Lacedemone consulterl’oracle, qu’ils eussent ä rappeier chezeux , des terres elrangeres, la race dudemi-dicu fds de Jupiter; sinon qu’ilslaboureraient avec un soc d’argent. Ilspretendaient qu’etant alle demeurer auLycee lorsqu’il fut banni pour s’etre re-tiredel’Atlique, gagne, disait-on, pardes presens, et qu’ayant, par crainte desLacedemoniens, habile, depuis dix-neuf ans, la moilie des bälimens depen-dans de l’hieron de Jupiter, il avait en-fin decide sa republique ä le rameneravec des choeurs et des sacrifices pareils