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TIIUCYDIDE, LIV. Y.
mier rang avaii qualrc cenl quaranle-huit liomraes.
Chap. 69. Les armees etant presd’envenir aux mains, les commandans dechaque peuple encouragerent ainsi leursguerriers : on representait aux Manli-neens que c’etait pour la patrie qu’ilsallaientcombatlre, qu’il s’agissait ou dela domination (apres en avoir goüle lesdouceurs, en seraient-ils depouilles?)ou de la servitude (y relomberaient-ilsde nouveau?); aux Argiens, qu’il s’a-gissait de defendre leur ancienne pree-minence et cette egalile donl ils avaientjoui dans le Peloponnese, et de punirde nombreuses injures sur des ennemis,leurs voisins; aux Atheniens, qu’il elaitbeau, en se mesurant avec des alliesnombrcux et vaillans, de ne ceder äaucun d’euxen vertu; qu’une fois vain-queurs des Lacedemoniens dans le Pe-loponnese, ils affermiraient et accroi-traient leur empire, et mettraient leurterritoire ä l’abri des ravages. De sem-blables encouragemens etaient donnesaux Argiens et ä leurs allies. Les Lace-dömoniens, et de leur propre mouve-ment, et aussi selon les usagesmilitaires,s’excitaient ä se ressouvenir de cette va-leur dont ils avaient la eonscience, sa-cbant qu’une longue pratique de bellesactions est un moyen plus eflicace desalut que d’eloquentesexhorlations d’unmoment.
Chap. 70. Bienlöt les deux armeess’avancent l’une contre 1’aiUre : les Ar-giens et leurs allies, avec impetuosite etfureur; les Lacedemoniens, lenlementet soumis au rbythme d’un grand nom-bre de joueurs de flute elablis par la loi,non dans un esprit religieux, mais pourregier le pas des soldats et les empeclierde rompre leurs rangs, comme il armesouvent aux armees nombreuses mar-cliantau combat.
Ciiap. 71. Au moment d’en veniraux
mains, Agis imagina cet expedient. Lessoldats, en general, quand ils vont äl’ennemi, se poussent de prdference surla droite, en sorte que chaque aile droited’armee deborde la gauche qui lui estopposee: c’est que cbacun, pour se ga-rantir, met le plus possible son cötenu a l’abri du bouclierdu soldat placeäsa d roi te, et croi t que cette union imme-diate le protege efficacement. L’impul-sion est donnee par le soldat place aupremier rang de l’extremite droite, lou-jours altentif ä derober ä l’ennemi laparlie du corps que ne couvre pas lebouclier : le reste de la ligne imite cemouvement par le meine molif. LesManlineens depassaient de beaucoupl’aile qu’occupaient les Scirites; les La-cedemoniens et les Tegeates depassaientplus encore celle des Atheniens, parcequ’ilsetaientnombreux. Agis, craignantque sa gauebe ne füt tournee, s’aper-cevant que les Manlineens s’etendaientbeaucoup, ordonna aux Scirites et auxfroupes de Brasidas de se delacher deleur ligne, de se porter sur la gauche,et de prendre un front egal ä celui desMantineens, et il commande aux pole-marques Ilipponoidas et Aristocles, quiavaient deux lochos, d’avancer de l’ailedroite et de reinplir le vide cause parcedöplacement; persuade que l’aile droiteaurait toujours assez de monde, et queles troupes opposees aux Mantineens ac-querraient ainsi plus de force.
Ciiap. 72. Cet ordreetant donnedansle moment meme et ä l’improvisle, Aris-tocles et Ilipponoidas refuserent de pas-ser ä l’endroit qu’on leur marquait, re-fus qu’on taxa de lächete, et qui, plustard, fit prononccr contreeux, ä Sparte,la peine de l’exil. Il arriva de lä que lesennemis furent les premiers ä allaquer;les deux lochos n’ayant point d’abordpasse, ä l’ordre d’Agis, du cöte des Sci-lites, il leur devint ensuite impossible