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TIIUCYDIDE
dans la fortune, qui, gräce aux dieux,nous a conserves jusqu’ä present, eicomptant sur les secours des Lacedem«-niens, nous tenterons tous les moyensd’assurer notre salut. Ecoutez cependant ’cncore : nous deviendrons vos amis,pourvu que nous ne soyons ennemisd’aucun parti, et que vous quittiez notrepays, apres avoir conclu le traite qui pa-raitra leplusutileauxunsetauxautres.»
Ciiap. 113. Les Atheniens alors sor-tirent de l’assemblee en disant: « Ainsi,de toutes vos delibeiations, il resulleque, seuls parmi les liommes, vousju-gez l’avenir plus visible que le present,et que les evenemens enveloppes duvoile le plus epais, vous les voyez,trompes par l’impatience de vos desirs,comme se passant sous vos yeux. LesLacedemoniens , la fortune , vos espe-rances, tels sont les principaux fonde-mens de votre confianee : eb bien! cetteconfiance vous perdra. »
Ciiap. 114. Les depules d’Allienesregagnerent leur camp. Les generaux,apprenarit qu’ils n’avaient pu rien ga-gner sur l’esprit des Meliens, se deci-derent ä employer la force des armes,enlourerenl Melos d’un mur decircon-vallation, parlagerenl ce travail par vil-les, laisserent, sur terre et sur mer,une garde com posee d’Atheniens et d’al-lies, et remmenerent la plus grandepartie de leurs troupes. Celles qui res-terent linrent la place investie.
Ciiap. 115. Vers le meine temps, lesArgiens se jelerent sur le lerritoire dePhlionle. II en perit environ quatre-vingls dans une embuscade que leurdresserent les Phliasiens et les bannis dePhlionte. Les Atheniens de Pylos lirentun grand bulin sur les Lacedemoniens.Ceux-ci, piques de cette insulte, usantde represailles, sans cependant annulerla treve, annoncerent, par la voix duherauf, qu’on permeltait le pillage sur
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les lerres des Atheniens. Quant aux Co-rinthisms, ils prirent les armes contreAlhenes, pour quelques differends par-ticuliers; mais les aulres peuples du Pe-loponnese se linrent en repos. Les Mä-hens atlaquerent de nuit une partie dumur conslruit par les Atheniens, celle| qui regardait l’agora, tuerent des hom-mes, empörteren! le plus possible devivres et d’elfets, et bornerenl lä lemshoslililes. Les Atheniens firent dans lasuite meilleure garde. L’ete finissait.
Ciiap. 116. Au conunencement del’hiver, les Lacedemoniens allaient por-ter la guerre dans les campagnes d’Ar-gos; mais, les sacrifices oflerts sur lafrontiere n’ayant pas donne d’heureuxpresages, ils revinrent sur leurs pas.Pendant qu’ils difleraient cette entre-prise, ceux d’Argos jugerent suspectsquelques-uns de leursconciloyens: plu-sieurs furent arreles, d’autres s’echap-perent. Vers le meine temps, les Meliensenlevercnt une aulre partie du mur malgardee. Mais il vinl ensuite d’Athenesune seconde armee cominandee parPhi-locrate, fils de Demeas. La place futalorsvivement assiegee; mais une trahisonobligea bientot les habitans de se remet-tre ä la discretion des Atheniens. Ceux-ci donnerent la mort ä tous les hommesen etal de porter les armes, et reduisi-rent en esclavage' les fennnes et les en-fans. Eux-mömes se mirenl en posses-sion de la ville, oü ils envoyerenl cinqcents hommes pour former une colonie.
LIVRE SIXlEME.
Ciiapitiu; Premier. Ce meme hiver,les Atheniens resolurent de passer uneseconde fois en Sicile, avec un appareilplus imposant que dans l’expedilioncommandee par Laches et Eurymedon,et de soumetire, s’il etait possible, loute