THTJCYD1DE
la contree. La plupart, dans leur igno-vance sur l’elendue de celte ile et sur lapopulation des Hellenes et des Barbaresqui l’habitent, ne savaient pas que c’e-tait entreprendre une guerre non moinsimportante que celle du Peloponnhse :car lo periple de la Sicile n’est guemde moins de huit journees pour un vais-seau marchand; un espace de mer dewogt stades au plus empeche cette ilesi vaste de faire partie du continent.
Chap. 2. Je dirai quels furcnt, dansles temps antiques, ses premicrs habi-tans, et quelles peuplades nouvelles s’yetablirent successivement. Les Cyclopeset les Lestrygons passent pour avoir oc-eupe les premiers une portion de cettecontree. Je ne puis dire ni de quelle raceilstiraienl leur origine, ni d’oü ils ve-naient, ni en quel lieu ilssesont ensuiterelires. Contentons-nous de cc qu’eu ontdil les poetes, et des traditions adoplees,quelles qu’elles soient. Apres eux, lesSicaniens, fait bien constant, y onl fondedes etablissemens : et meme, ä les encroire, ils sont plus anciens, puisqu’ilsscdisentautochthones;maisondecouvrequ’ils elaient en cffet des Iberes que lesLygiens cbasserenl des bords du Sica-nus, fleuve de blberie. I)e leur nom,cette ile retjut alors celui de Sicanie : eiles’appelait auparavant Trinacrie. Ils oc-cupent encore aujourd'hui les partiesoccidenlales de la Sicile. Apres la priscd’llium, desTroyens, qui fuyaient lesAcheens, aborderen t dans celle ile, s’e-tablirent sur les frontieres des Sicaniens,et tous pvirent en commun le nom d’£-lymes: leurs villes sont Lryx et ßgeste.Aux blvmes se joignirent quelques Pho-ceens, qui, au retour de Troie, furentpousses par la tempöte dans la Libye,et de lä passerent en Sicile. Des Siculesvinrent d’Italie, oü ils babitaient, etpasserent en Sicile, fuyant les Opiques.On di 1 , non sans vraisemblance, qu’ils
, i.iv. vi. 331
firent leur traversee sur des radeaux, enprofitant d’un vent favorable pour letrajet; peut-etre aussi ont-ils employequelque autre mode de navigation. 11 ya encore ä present des Sicules dans 1’Ita-lic, pays qui a regu son nom d’un certain roi des Arcadiens, nomme Italus.Arrives en grand nombre, les Siculescombattirent les Sicaniens, les vainqui-rent et les pousserent vers les parties me-ridionales et occidentales de l’ile. Pareux eile prit le norn de Sicile, au lieu decelui de Sicanie, et ils en occuperenl lesportions les plus fertiles. Leur immigra-gration se fit ä peu pres trois cents ansavant la descente des Hellenes en Sicile.Ils possedent encore aujourd’hui le cen-tre de l’ile et les parties septentrionales.Des Pheniciens se repandirent aussi dansla Sicile, s’emparant des promontoiresqu’ils avaienl fortifies et des ilots adja-cens, pour se rendre maitres du com-merce qui pouvait se faire avec la Sicile.Maisquand ilsvirent los Hellenes abor-der en grand nombre, ils abandonne-rent une partie considerable de ce qu’ilsoccupaient, etse reunirent pour habilerMotye, Soloeis et Panonne, dans le voi-sinage des filymes. Ils se confiaient enl’aliiance deces derniers, dans la penseeque c’est de lä que le trajet est le pluscourt de la Sicile ä Carlhage. Tels furentles Barbares qui habilerent la Sicile; etce fut ainsi qu’tls y formerent des eta-blissemens.
Cuap. 3. Mais parmi les Hellenes, lespremiers qui passerent en Sicile furentles Cbalcidiens de l’Eubee, lesquels,sous la conduile de Theocles, fonderentNaxos, et y erigerent l’autel d’ApollonArcbegete, qui est ä present hors de laville, autel sur iequel sacrifient les theo-res avant leur deparl de Sicile. L’anneesuivante, Archias, l’un des Ileraclides,vint de Corinthe, et londa Syracuse,apres avoir chasse les Sicules de l’ile.