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Tome premier.
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THUCTDIDE, LIV. TI.

maniöre de vivre, et ces grands projetsqu’annongait sa conduile dans chacunedes circonstances ou il se (rouvait, lesoupconnant d’aspirer ä la tyrannie, Iepriient en haine; el quoique, ä titred’homme public, il eüt imprime unegrantle force aux armees, cependantcommeon n’enetait pas moinsclioqu6de la conduile de l’homme prive, onconfla les affaires ä d’aulres, ei en peude temps on perdit l'Ctat. Alcibiadedonc, s’avangant au milieu de l’assem-blee, parla ainsi aux Atlieniens :

Ciiap.16. « C’estä moi qu’appartientde droit le commandement, et je m’encroisdigne; car il faut, Atlieniens, quejecommence par cetle declaration, puis-que Nicias n’a pas craint de m’altaquer.Ce qui m’a rendu celebre tourne ä lagloire de mes ancetres et a la mienne,aussi bien qu’a l’avantage de mon pays.Eneffet, les Hellenes, eblouis de l’eclatquej’ai jete aux fetes de l’Olyrnpie, ontcongu une idee exagerde de la puissanced’Athenes,qu’auparavantilsseflattaientd’abattre. Ils se sont formes celte opi-nionparce quej’ai lance sepl chars danslacarriere, ce que n’avaitose nul par-liculier avant moi. J’ai remporte le pre-mierprix, le second et le quatrieme,deployant partout une magnificence di-gne de mes victoircs. Ce faste est aussilegitime que glorieux, el ce que l’on faitdonne idee de ce qu’on pcul. Quant ä1 eclatdont j’ai brilleau milieu de vous,soit dans les fonctions de cliorege, soiten d’autres occasions, il excile l’enviedes citoyens; mais il manifeste auxetrangers votre puissance; et ce n’est pasttne folie d’une nature bien fächeuse quecelle d’un citoyen qui, ä ses propresfrais,satisfaisantsesgoüts, sei t en meinetemps son pays. Certes il n’est pas in-juste que celui qui congoit une grandeidee delui-m6me,nesoit pas l’egal detoiil Ie monde, puisque, malheureux,

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il ne trouverait personne qui s’associ&tä son malheur. Jamais on n’adresse laparoleä 1’infortune: qu’on supportedoncen revanche les hauteurs de l’hommeforlune, ou que celui qui pretend qu’ondoit dans la prosperite trailer d’egal äegal, accorde la meine egalile dans Iemalheur. Je le sais, de tels liommes, ettous ceux qui dans un gerne quelconqueexcellent et brillent, sont, tant qu’ils vi-vent, envies d’abord de leurs egaux, etbienlot de lout ce qui les approche; maisquand ils ne sont plus, des etrangers,dans les generations suivantes, emploientj usqu’au mensongepour persuaderqu’ilsliennent ä eux par les liens du sang; leurpatrie elle-meme, fiere de les avoir vusnaitre,craindrailqu’on ne Iescrüt etran-gers ; loin de leur reprocher des faules,eile les appelle ses enfans, et les preco-nise comrne ayan t fait de grandes choses.Tel est le sort oü j’aspire. Renomme parma conduile privee, voyez si je le cedeä personne dans l’adminislration desaffaires publiques. C’est moi qui, sansdanger et ä si peu de frais, vous ai con-cilie les plus puissantes villes du Pelo-ponnese; moi qui ai force les Lacede-moniens a risquer en un seid jour lesort de leur patrie ä Mantinec; et, quoi-que vainqueurs, ils n’ont pu encore re-prendre une altitude assurec.

Ciiai«. 1“. « Ces resultats, c’est majeum sse, c’est ma folie, celte folie jugeehors de tonte mesure, qui lesa oblenus,en employant aupres des villes les pluspuissantes du Peloponnese le langageconvenable, et qui, rassurantsurl’im-petuosite de mon caractere, vous a ame-nes ii ne plus le redouter. Tandis que jesuis dans loute ma force avec ma teme-rile supposee, et que la fortune semblefavoriser Nicias, metlez ä profil les avan-tages de l’un et de l’autre. Surtout, nevous repentez pas d’avoir decrete l’expe-t ditiondelaSicile.commesi laSicile6tait

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