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Tome premier.
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'*38 THUCYMDS

une puissance formidable.Lesvillesquila composcnt, surchargees d’honamesde foutes les nations, clmngent de gou-vernement et admeltentde nouveaux co-lons. Aussi personne chez eux ne se croitune patrie; personne n’est muni d'armespour sa sürete personnelle, et ne voitdans son pays meme un etat regulier dedefense; cliacun se tient prät ä saisir cequ’il croit pouvoir obtenir par la voiede la persuasion, ou ce qu’il espere, enformant un parti, pouvoir prendre surla fortune publique, et empörter avecluidans une terreetrangere,supposequeson parti aitle dessous. Est-il probablequ’une pareille multitude s’accorde äZui vre un bon avis, et qu’elle se reunissepouragir? Tous s’cmpresseront de serendre ä la premiere ouverture capablede leur plaire, surtout s’ils sont en etatderevolte, ainsi que nous 1’apprenons.D’ailleurs les Siciliens n’ont pas autantd’hoplites qu’ils se vantent d’en avoir,et de plus les autres peuplades liellthii-ques ne sont pas aussi nombreuses quesuppose le denombrement de chacuned’elles; mais l’Hellade, s’en imposantcompletement ä elle-meme, a, danscettc guerre, ä peine elabli un armementqui suffise. Tel esl, et bien plus favorableencore pour nous, d’apresce que j’en-tends, l’etat de la Sicile : car un grandnombre de Barbarcs, en Imine des Syra-cusains, se joindront ä nous pour lesaltaquer; et les affaires d’ici ne vouscauseront pas d’embarras, si vous pre-nez de sages mesures. Outre ces memesermemis qu’en vous embarquant vousallez, dit-on, laisser derriere vous, nosperes avaient encore leMede ä combat-tre; ils ont cependant acquis l’empiresans autre superiorüte que celle de leurmarine. Jamais les Peloponnesiens,quoique tres-forts, n’eurent moinsqu’aujourd’hui l’esperance de l’empor-ter sur nous. Mime notre expedition

, LIV. VI.

n’ayant pas Heu , ils pourront toujoursravager nos campagncs; mais avec leursforces navales ils ne sauraient nous in-quieter, parce qu’il nous reslera encoreassez de vaisseaux pour tenir tete.

Chap.18. « Quelle sera doncl’excusede notre lenteur? Sous quel pretextenous dispenser de secourir nos allies deSicile , que les sermens pretcs et re$u$nous obligent de defendre? Et n’objec-tons pas qu’eux-memes ne nous ontpoint assistes : en nous les attachant,nous voulions, non qu’ils vinssent nouspreter assislancereciproque, mais qu’ilslinssent en respect nos ennemis de laSicile et ne leur permissent pas de vcnirnous attaquer dans notre pays. Nous-memes, et tous ceux qui jamais ont com-mande, nous defendimes toujours aveczele les Ilel lenes ou les Barbares quinous ont tour ä tour implores. Denieureren repos, ou cxaminer scrupuleusementqui l’on doit secourir, c’esl, apresavoirajoute quelque cliose ä sa puissance, lemoyen de la compromellre tont entiere;car on ne se defend pas contre une puis-sance superieure comme la notre seule-ment en repoussant ses atlaques, maisen les prdvenant. Nous ne sommes pasmaitres de modercr ä notre gre I’cxercic«du pouvoir; c’est une necessile de notrePosition de dresser aux uns despieges,d’agir sans cesse contre les autres, puis-quenous risquonsdetomber souslejougsi nous ne l’imposons. N’envisageonspas le repos du möme oeil que les autres,ä moins que nous ne voulions changernos institutions pouradoplercellesd’au-trui. Pcrsuades que, passant en paysetranger, nous elcndrons notre domina-lion, embarquons-nous : ce sera humi-lier l’orgueil des Peloponnesiens que deparaltreles mepriser, et devoguerversla Sicile, au lieu de nous abandonner aun dangereux repos. Ou, ce qui est pro-bable, nous obtiendrons, avec les forces