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Tome premier.
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428 THUCYDIDE

micres confidences, ajoulani qu’il 6taitpret ä livrer aux Peloponnesiens, pour]a mettre en pieces, toute l’armee quietait ä Samos. II entrait dans les delails,lui indiquant les moyens d’en venir äl’execution contre une ville qui n’elaitpas muree, lui declarant eufin que, se^trouvant en danger pour l’amour desLacedemoniens, on ne pouvail leblä-mer de faire ee qu’il faisait, et mömeloule autre chosc, plutöt que de perirviclime de eruels ennemis. Astyochuscommuniqua le nouveau message ä Al-cibiade.

Chap. 51. Phrynicus, qui avait pres-senti cetle infidelite, et qui, sur cetteaffaire , altendait ä tout moment unelettre d’Alcibiade , prend les devans ,informe les soldats que les ennemis doi-vent venir surprendre Samos, profitantde ce que la place n’etait pas muree et dece que la flotte ne pouvail se loger toutentiere dans le port; que sa nouvelle estcertaine, et qu’il faut, endiligence, for-tifier Samos et se tenir sur ses gardes.En sa qualitede general, il etait maitrede faire prendre ces mesures : les sol-dats se mirent ä l’ouvrage. Ainsi la placequi devait ölre muree, le fut avec plusde celerite. Bientöt apres arriverent leslettres d’Alcibiade : eiles portaient quel’armee etait trahie par Phrynicus, etque les ennemis allaient fondre sur eile.Mais Alcibiade ne parut pas digne defoi; on supposa que, sachant d’avancece qui se passait chez l’ennemi, il enjetait, par haine, la complicite surPhrynicus : en sorte que, loin de luinuire , il le servil par ces denoncia-tions.

Chap. 52. Alcibiade, aprescela, se-duisait Tissapherne, et I’engageait ä serapprocher des Atheniens, lui qui crai-gnait les Peloponnösiens, dont il voyaitla Holte plus nombreuse que celle de'.eins ennemis, et qui d’ailleurs ne de-

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mandai l qu’äse laisser persuader par unmoyen quelconque, surtout depuis qu’ilavait connaissance des contestations desPeloponnesiens au sujet du traite concluavec Thöramene. En effet, elles avaienteu lieu lorsqu’ils ötaient encoreä Rhodes;et ce qu’Alcibiade avait dit auparavant,que les Lacedemoniens voulaient affran-chir toutes les villes, se trouva confirmepar Lichas, refusant d’admettre en prin-cipe que le roi düt rester maitre des vil-les dont lui-meme ou ses pöres avaienteu ladomination. Alcibiade donc, quiavait ä lütter pour de grands interöts,se livrait ä Tissapherne, qu’il courtisaitsans reserve.

Chap. 53. Cependant les deputes en-voyes de Samos avec Pisandre arriventä Athenes. Admis dans l’assemblee dupeuple, ils traiterent bien des articlesen substance, mais surtout appuyerentforlement sur ce qu’il ötait au pouvoirdes Atheniens, en rappelant Alcibiadeet renongant au gouvernement popu-laire, d’obtenirl’alliancedu grand roi etde l’emporter sur les peuples du Pelo-ponnese. Bien des voix s’eleverent enfaveur de la democratie : les ennemisd’Alcibiade s’ecriaient que ce seraituneindignitede souffrir qu’il renträt apresavoirviold toutes les lois; les Eumolpi-des et les Ceryces altestaient les mys-teres profanes, cause de son exil, et de-mandaient, au nom de ce qu’il y avaitde plus sacre, qu’il ne revint pas.Pisan-dce, ne se laissanl intimider ni par lescontradictions, ni par les plaintes, s’e-puise en sophismes envers ses contra-dicteurs, et demande separement ä cha-cun d’eux sur quelles esperances ilsfondenl le salut de la republique, quandles Peloponnesiens n’onl pas moinsqu’eux de vaisseaux en mer; quand ilsont plus de villes alliees; quand ils re-Coivent de l’argent du grand roi et deTissapherne, landisqu’eux-memes n’en