THTJCYDIDE
ont plus, ä moins qu’on ne parvienne afaire passer le grand roi dans leur parti.Comme ceux qu’il inierrogeait etaientforces de repondre qu’ils n’avaient pasd’esperance, « Et nous n’en pourronsavoir, reprit-il hautement, qu’en met-tant dans notre politique plus de modes-tie, qu’en donnant l’autoritö ä un petitnombre de citoyens, pour inspirer auroi de la confiance, et en nous occupantmoins, dans lescirconstances actuelles,de la forme de notre gouvernement quede notre salut. Nous changerons dansla suite, si quelque chose nous deplait;mais rappelons Alcibiade , le seulhomme mainlenant capable de retablirnos affaires. »
Chap. 54. Les partisans de la demo-cratie d’abord s’indignerent ä ce motd’oligarchie; mais , comme Pisandreleur montrait clairement qu’il n’etaitpas d’autre moyen de salut, alors es-perant en meme temps le retour de lademocratie, ils cederent et consenlirent.II fut decrete que Pisandre, remettanten mer avec dix citoyens, ferait pour lemieux en ce qui concernait Alcibiadeet Tissaplierne. Sur les plaintes qu’ilporta contre Phrynicus, on destitua ce-lui-ciducommandement, ainsi quesoncollügue Scironides, et, ä leur place,on envoya Diomedon et Leon. Pisandre,jugeant que Phrynicus serait toujourscontraire aux mesures que l’on prenaitenfaveur d’Alcibiade, l’accusait d’avoirlivrelasos et Amorges : il fit successivc-ment des visites ä tous les corps asser-mentes charges de la justice et de l’ad-ministration, leur conseilla de se consul-ter pour l’abolition de la democratie,et, ayant tout dispose pour que les af-faires ne trainassent plus en longueur,il mit en mer avec ses dix collegues pouraller reprendre ses negociations aupresde Tissapherne.
Chap. 55. Le m&ne luver, L6on et
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Diomedon joignirenl la flotte des Alhe-niens,et\'Oguerent vers l’ile de Rhodes,Ils trouverent les vaisseaux du Pelopcn-nese tires ä sec , mirent pied ä terre ,vainquirent les Rhodiens, qui voulaien 1se defendre et retournerent ä Chalce.Dans la suite, ce fut de l’ile de Cos qu’ilsfirent le plus souvent la guerre, commedu lieu le plus commode pour epier lesmouvemens de la flotte ennemie. Xeno-phontidasdeLaconie vintaussi deChiosä Rhodes, envoye par Pedarite. II an-noii(;a que les ouvrages des Atheniensetaient dejä termines, et que c’en 6taitfait de Chios, si l’on ne s’empressait devenir au secours avec toule la flotte. IIfut r&olu qu’on secourrait cette ile. Ce-pendant Pedarite, avec ce qu’il avait detroupes auxiliaires et avec les habitansde Chios , attaquant les retranchemensconstruits par les Atheniens autour dela flotte et forcant un poinl de ces re-tranchemens, se rendil maitre de quel-ques vaisseaux mis ä sec : mais bientötles Atheniens y etant accourus, ceux deChios, fuirent les premiers; le restedestroupes de Pedarite f^t battu; lui-memeperit avec grand nombre d’habitans deChios, et bien des equipages de guerrefurent pris.
Chap. 56. Apres cet echec, ceux deChios se virent encore plus etroitementinveslis qu’auparavant par terre et parmer : une grande famine les desolait.Pisandre et les autres deputes, arrivösaupres de Tissapherne , entrerent enConference. Alcibiade ne comptait plustrop sur ce satrape, qui craignait encoreplus les peuples du Peloponnese que lesAtheniens , et qui voulait continuer äles miner les uns et les autres, suivantle conseil que lui-möme lui en avaitdonne. II l’engagea astucieusement ademander trop aux Atheniens, pourqu’on ne püt s’accorder. Tel ölait aussi,je crois, le dösir secret de Tissapherne.