RETRA.ITE DES Dtx
chemin fitfoit, oü l’on fie voyait que dela boue et oü les voilures avaient peineä passer, Cyrus s’arröta avec les plusdislingues et les plus riches des Persesde sa suite; il chargea Glus et Pigresde prendre des pionnniCis de l’armöcdes Barbares, et de lirer les chariotsdu mauvais pas. Ayant trouve qu’ils s’yportaient avec peu de zele, il ordonnacomme en colere aux seigneurs pevsesqui enlouraientsa personne de degagei-les voi tu res. Ce futalors qu’on pul voirun bei exemple de Subordination. Cha-cunjetaaussilöt sa robe de pourpre surla place oü il se trouvait, se mit aeourircomme s’il se füt agi d’un prix, et des-cendit ainsi un coleau qui etait assezrapide. Quoiqu’ils eussent deS luniquesmagnifiques, des calegons brodes, etque quelques-uns portassent des Collierset des bracelels precieux, ils sauterentsansbesiter, ainsi vötus, au milieu delaboue, et soulevant les ebariots, lesen degagerent plus promptement que’on ne l’aurait cru. En tout Cyrus ac-celera evidemment aulant qu’il le pulla marche de son armee, ne sejournanlquelorsque lebesoin de se pourvoi r devivres, ou quelque autre necessite l’yconlraignail. Il pensait que plus il sepresscrait d'arriver, moins il trouveraiile roi prepare ä combattre; que plus ildiffererail au contraire, plus Artaxerxesrassemblerait de tfoupes contre lui, etquiconque y reflechissait sentait quel’empire des Perses etait puissant parletendue des provinces et par le nom-bredeshommes, mais que la Separationde ses forces et la longueur des distan-Ces le rendaient faible contre un adver-wire qui Taltaquerait avec c^lerite.
25. Sur Fautre rive de l’Euphrate, etvis-ä-vis du camp que l’armge occupaitdans le desert, etait une grande villedorissante. On la nommait Carmande.^easoldatsy achetaient des vivres, pas-
miillE. — irv. i. Ali
sanl ainsi sur des fadeaux. Ils remplis-saient de foin et dematieres Idgereslespeauxqui leurservaientde couvertures.II les joignaient ensuite et les cousaientde fafon que l’eau ne püt mouiller lefoin. C’est sur cetle espece de radeauqu’ils passaient le fleuve et transpor-'aient leurs vivres, du vin fait avec desdattes et du panis, car c’6tait le grainle plus commun dans ce pays. Une dis-pute s’etant elevee en cet endroit entredes soklals de Menon et d’autres deClearque, Clearque jugea qu’un SoldatdeMenon avait lort ei lefrappa. Celui-ci,de retour ä son camp, s’en plaignit äses camarades, qui s’en offenserent etdevinrent furieux contre Clearque. Lem6me jour, ce g&neral, apresavoir eteau passage du fleuve et avoir jete lesyeux sur le marche, revenait a chevalä sa tente avec peu de suite et traversaitle camp de Menon. Cyrus etait encoreen marche et n’dtait pas arrive au camp.Un des soldats de Menon, qui feudaitdu bois, voyant Clearque passer, luijeta sa hache, et le manqua. Un autreSoldat lui langa une pierre; un autrel’imita, et, un grand cri s’etant eleve,beaucoup de soldats lui en jeterent.Clearque se refugie dans son camp, crieaussilöt aux armes! et ordonne ä ses lio-plites de rester en bataille, les boucliersdevant leurs genoux. Lui-möme avecles Thraces armes ä la legere et les ca-valiers (car il y en avait dans le corpsqu’il commandait plus de quarante,dont la plupart ölaient Thraces), lui-möme, dis-je, marche contre la troupede Menon, qui, 6tonnöe, ainsi que sonchef, court aux armes. Quelques-unsrestaient en place, ne sachanl quel parliprendre. Proxene, qui par basard avaitmarche plus lentemeni que les autres,arriva enfin ä la töte de ses soldats. Illes fit avancer aussitöt entre les deuxtroupes, quilta möme ses armes, et