XfiNOPHON.
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supplia Cl&rque de ne pas se porter äcesextremites. Clearque, qui avait penseetre lapide, s’indigna de ce que Proxeneparlait avec moderation de cet evene-ment, et lui dit de se relirer et de neplus s’opposer ä sa vengeance. AlorsCyrus etant arrive, et ayant appris cequi se passait, prit ses armes en main,vint ä toute bride avec ceux de ses con-fidens qui se trouverent pres de lui aumilieu des Grecs prets ä se charger, etparla ainsi: « Clearque, Proxene, Grecsqui 6tes presens, vous ignorez ce quevous faites. Si vous vous combattez lesuns les autres, songez que des ce jouril me faut perir, et que vous perirezvous-m6mes peu apres moi; car des quenos affaires tourneront mal, tous cesBarbares que vous voyez ä ma suite se-ront plus nos ennemis que ceux quisont dans l’armee du roi. » Clearque,ayant entendu ce discours, rentra enlui-möme. Lesdeux partis cesserent dese menacer et allerent poser leurs armesä leur place.
26. L’armee s’avangant,on trouvadespas de chevaux, du crolin, el on jugeaqu’il avait passe lä environ deux millecavaliers. Ce detachement brülait, enavant de l’armee de Cyrus, les fourra-ges et tout ce qui aurait pu lui etreutile. Orontas, Perse du sang royal,qui passait pour un des meilleurs guer-riers de sa nation, et qui avait dejäporte les armes contre Cyrus, forma ledessein de le trahir. lls’etait reconcilieavec ce prince, et lui dit que s’il vou-lail lui donner mille chevaux, ilsefai-sait fort de surprendre et de passer aufil de l’epee le detachement qui brülaitet ravageait d’avance le pays, ou de ra-mener beaucoup de prisonniers, d’em-pecher les incendies et de faire en sorteque l’ennemi ne püt rapporter au roice qu’il avait vu de l’armee de Cyrus.Ce prince, ayant 6coute ce conseil, le
regarde comme utile, et dit ä Orontasdeprendre des piquets de tous les corps.
27. Orontas, croyant son detachementprötä marcher, ecrit une lettre au roi,lui mande qu’il amenera le plus qu’ilpourra de la cavalerie de Cyrus, et leprie de prevenir la sienne de le recevoircomme ami. La lettre rappelait aussi auroi I’ancien atlachement et la fidelitdd’Orontas. II en chargea un hommequ’il croyait fidele, et qui ne l’eut pasplulöt regue, qu’il l’alla montrerä Cy-rus. Le prince l’ayant lue, fit arreterOrontas et assembla dans sa tente septdes Perses les plus distingues de sasuite. II ordonna aussi aux generauxgrecs d’amener de leurs soldats, qui serangeassent autour de sa tente et y po-sassent leurs armes ä lerre. Les gene-raux s’y rendirent avec environ troismille hoplites. Cyrus appela au conseilde guerre Clearque, qui lui paraissait,ainsi qu’aux autres, ßtre le chef desGrecs qui jouissait de la plus grandeconsideration. Clearque, Jorsqu’il ensortit, raconta ä ses amis comment s’e-tait passe le jugcment d’Oronlas (car onn’avait point enjoint le secret), et rap*porta ainsi le discours par lequel Cyrusavait ouvert l’assemblee :
28. «Je vous ai appeles pres de moi,mes amis, pour deliberer avec vous surce que je dois faire et pour traiter, de lamaniere la plus juste devant les dieuxet devant les hommes, Orontas quevous voyez. II m’a etd d’abord donnepar mon pere pour etre soumis ä mesordres. Ensuite mon frere Je lui ayant,ä ce qu’il pretendait, ordonne, il pritles armes contre moi en defendant lacitadelle de Sardes. Je lui fis la guerrede mon cöte de fagon ä lui faire desirerla fin des hostilites. Je rcgus sa mainen signe de reconciliation et luidonnaila mienne. Depuis ce temps, poursui-vit-il, repondez-moi, Orontas, avez-