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Tome premier.
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RETRA1TE DES D1X

tous eprouv6 de moi quelque injus-tice?» Orontas repondit que non. Cyrusl’interrogea de nouveau.«N’ayant pointä vous plaindre de moi, comme vousenconvenez vous-meme, ne vous ötes-vous pas revolle depuis et li6 avec lesMysiens? Ne ravagiez-vous pas autantque vous le pouviez mon gouverne-ment? » Orontas l’avoua. « Lorsquevous eütes reconnu votre impuissance,rcprit Cyrus, ne vintes-vous pas ä l’au-tel de Diane ? ne m’assurätes-vous pasde volre repentir? ne me laissai-je paspersuader ä vos discours? ne me don-nätes-vous pas derechef votre foi? neregötes-vous pas la mienne? » Orontasconvint encore de ces fails. « On a de-couvcrt, poursuivit Cyrus, que vousme tendiez, pour la troisieme fois, desembüches. Quelle injure vous ai-jefaite?»Orontas dit qu’il n’en avail reguaucune.« Vous convenez donc, ajoutaCyrus, que c’est vous qui etes iqjusteeuvers moi? — II le laut bien, ditOrontas. » Cyrus lui demanda ensuite :«Pourriez-vous encore, devenant l’en-nemide mon freie, me resler desormaisfidele? Orontas repondit: « Quand je leserais, Cyrus, je ne passerais jamaisdans votre esprit pour l’etre. »

29. Cyrus s’adressa alors ä ceux quietaienl presens : « Vous savez, leur dit-il, ce que cet homme a fait. Vous en-tendez ce qu’il dit. Parlez le premier,Clearque, et donnez votre avis. —Mon avis, dit Clearque, est de nousdefaire au plus töt de lui; il ne faudraplus veiller sur ses demarches, etde-livres de ce soin, nous aurons le loi-sir de nous occuper de ceux qui veu-lent et re de nos amis et de leur fairedu bien. » Clearque ajoutait que lesautres juges s’etaienl langes ä son opi-nion. Par l’ordre de Cyrus, tous les as-sistans et les parens meme d’Orontas selevferent et le prirent par la ceinture

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pour designer qu’il etait condamne ämort. II fut ensuite entmine hors de latenle par ceux qui en avaient l’ordre.En le voyant passer, ceux qui se pro-slernaient precedemmenl devant lui, seprosternerent encore, quoiqu’ils sus-sent qu’on le menait au supplice. Onle conduisit dans latente d’Artapate,le plus affide des chambellans de Cyrus,et personne depuis ne le revit ni ne futen etat d’affirmer de quel genre de mortil avait peri. Chacun fit des conjecturesdifferentes. Il ne parut meme en aucunendroit des vestiges de sa sepulture.

30. De lä on fit en trois marches douzeparasanges en Babylonie. Au dernierde ces camps, Cyrus fit, vers le milieude la nuit, dans la plaine, la revue desGrecs et des Barbares; car il presumaitque le lendemain, ä la pointe du jour, leroi viendrait avec son armee lui presen-ter la bataille. 11 chargea Clearque deconduire l’aile droite des Grecs, et Me-non le Thessalien de commander leurgauche. Lui-möme rangea en batailleses troupes nationales. Apres la revue,des la pointe du jour, des Iransfugesqui venaienl de l’armee du roi en don-nerent ä Cyrus des nouvelles. Ce princeayant appele les generaux grecs et leschefs de lochos, tint conseil avec euxsur la maniere de livrer bataille, et leurprononga ce discours pour les exhorteret les enhardir : « Si je mene avec moides Grecs comme auxiliaires, ce n’estpas que je manque de troupes barbares.Mais j’ai compte sur votre courage; j’aieslime que vous valiez mieux dans unearmee qu’une foule de ces esclaves.Voilä pourquoi je vous ai associes ämon entreprise. Conduisez-vous donccomme des hommes libres, montrez-vous dignes de ce bien precieux quevous possedez et dont je vous felicite;car ne doutez pas que je ne preferassela liberte a tous les avantages dont je