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rctraite dEs dix
De lä Cyrus fit une marehe de troisparasanges, toute son armde, tant Grecsque Barbares, etant rangle en ordre debataille, parce qu’on Croyait que le roiviendrait attaquer ce jour-lä. Car aumilieu de cette marehe etait un fossecreuse de main d’homme, large de einetorgyes et profond de trois. II etait longde douze parasanges et s’dtendail enhaut dans la plaine jusqu’au mur de laMedie. Dans ce lieu sont des canauxremplis d’une eau courante qu’ils tirentdu Tigre. On en compte quatre. Leurlargeur est d’un plethre. 11s sont pro-fonds, portent des bateaux charges debld et se jettent dans l’Euphrate. La di-stance de Tun ä l’autre est d’une para-sange. On les passe,sur des poms.
33. Pres de l’Euphrate dtait un pas-sage 6troil entre le tleuve et le fosse,larged’environ vingt pieds.Legrand roiavait fait creuser ce fosse pour se retran-cher lorsqu’il avait appris que Cyrusmarchait ä lui. Cyrus et son armee pas-serent le ddfile et se trouverent au-delädu fosse. Le roi ne se presenta pas pourcombattre ce jour-lä; mais l’on remar-qua aisement beaucoup de pas d’liom-mes et de clievaux qui se rctiraient. La,Cyrus ayant fait venir ledevin Silanusd’Ambracie, lui donna trois mille da-riques, parce que, onze jours aupara-vant, faisanl un sacrificc, Silanus avaitannonce au prince que le roi ne lui li-vrerait pas bataille dans les dix jourssuivans. Cyrus rdpondit: «11 ne me lapresentera plus si ces dix jours se passentsans combattre; et si vous dites la ve-rite, je vous promets dix lalens. Leleime dtanl expire, le prince paya cettesomme. Comme le roi ne s’etait pointopposd au passage du fosse, Cyrus etbeaucoup d’autres crurent qu’il avaitrenonce au projet de livrer bataille, etle lendemain ce prince marcha avecnioins de pr^caution. Le surlendemain,
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il voyageait assis sur son ehar, precedede peu de troupes en ordre. La plusgrande partie de l’armee marchait pöle-möle et sans observer ses rangs. Beau-coup de soldats avaient mis leurs armessur les voilures d’equipages et sur lesbetes de somme.
34. C etait ä peu pres l’heure oü lepeuple abonde dans les places publi-ques, et l’on n’etait pas loin du campqu’on voulaitprendre, lorsquePatagyas,Perse de la suite de Cyrus et allaehe äce prince, parait, courantä bride abatluesur un cheval ecumant de sueur. 11 criedans la langue des Crecs et dans celledes Barbares ä tout ce qu’il rencontre,que le roi s’avance avec une armee in-nombrable et se pröpare ä attaquer.Aussitöl s’dleve un grand tumulte. LesGrecs et les Barbares croient qu’ils vontetre charges sur-le-champ, et avantd’avoir pu se former. Cyrus etant sauteä bas de son char, et ayant revetu sacuirasse, monta ä cheval, prit en mainles javelots, ordonna que toutes lestroupes s’armassent et que chacun re-prit son rang. On se forma ä la liäte.Clearque fermait l’aile droite appuyeeä l’Euphrate. Proxene lejoignait, suivides autres generaux. Menon et son corpsetaient ä la gauche des Grecs. A l’ailedroite, pres de Clearque, on plaga lesGrecs armesä la legere et environ milleclievaux paphlagoniens. Ariee, lieute-nant-general de Cyrus, avec les Bar-bares qui servaient ce prince, s’appuyaä Menon et occupa la gauche de toutel’armee. Cyrus se plaga au centre avecsix cents cavaliers tous revelus de gran-des cuirasses, de cuissards et de cas-ques. Cyrus seul se tenait prel ä com-battre sans avoir la töte armee. On ditque lei est l’usage des Perses lors-qu’ils s’exposent aux dangers de laguerre. La leie et le poilrail des che-vaux de cette troupe etaient bardes de
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