476 XENOPHON.
fer. Les cavaliers avaiem des sabres äla grecque.
35. On etait au milieu du jour, quel’ennemi ne paraissait poinl encore. Desque Ie soleil commenga ä decliner, onapergut des tourbillons de poussiere.11s ressemblaient ä une nuee blanche,qui, bientöt apres, se noircit et couvritune vaste etendue de la plaine. Quandl’armee du roi s’approcha, on vit d’a-bord brillcr l’airain. Bientöt apres, ondecouvrit la pointe des lances et on dis-tingua les rangs. A la gauche de l’en-nemi etait de la cavalerie armee de cui-rasses blanches. On dit que Tissaphernela commandait. A cette troupe s’ap-puyait de rinfanterie legere qui portaitdes boucliers ä la perse, puis d’autreinfanterie pesante avec des boucliers debois qui Ja couvraient de la töte auxpieds (c’etaient, disait-on, les ßgyp-liens); ensuite d’autre cavalerie; ensuiledes archers, lous ranges par nation, etchaque nation marchait formee en co-lonne pleine. En avant, a de grandesdistancesles uns des autres, etaient leschars armes de faux attachees ä l’essieu,dont les unes s’etendaient obliquementä droite et ä gauche, les autres, placeessous le siege du conducteur, s’incli-naient vers la terre, de maniere ä cou-per lout ce qu’elles rencontreraient. Leprojet etait qu’ils se precipitassent surla ligne des Grecs et les taillassent enpieces. Ce que Cyrus avait dit aux Grecs,lorsqu’il les prevint de ne pas s’effrayerdes cris des Barbares, se trouva sansfondement; car ils ne pousserent pas uncri et marcherent en avant dans le plusgrand silence, sans s’animer, et d’unpas egal et lent. Alors Cyrus, passantle long de la ligne avec Pigres son in-terprele, et trois ou quatre autres Per-ses, cria ä Clearque de marcher avec satroupe au cenlre des ennemis oü etaitle roi. « Si nous plions ce cenlre, ajou-
ta-t-il, la victoire est ä nous. » Clear-que voyant le gros de la cavalerie qu’onlui designait, et entendant dire ä Cyrusque le roi etait au-delä de la gauche desGrecs (car teile etait la multitude deses troupes que son cenlre, oü il se te-nait, depassaq möme la gauche desBarbares de l’armee de Cyrus); Clear-que , dis-je, ne voulut cependant pastirer son aile droite des bords du fleuve,de peur d’ötre enveloppe de tous cötes,et repondit ä Cyrus qu’il aurait soin quetout allät bien.
36. Cependant l’armee barbare s’a-vangait bien alignee. Le corps des Grecsrestant en place, se formait encore etrecevait les soldats qui venaient repren-dre leurs rangs. Cyrus passait ä chevalle long de la ligne et ä peu de distancedu front. II considerait lesdeux armees,regardant tantöt les ennemis, tantöt sestroupes. Xenophon, Alhenien, quil’a-pergu t de la di vision des Grecs oü il etait,piqua pour le joindre et lui demandas’il avait quelque ordre ä donner. Cy-rus s’arreta et lui recommanda de pu-blier que les presages etaient heureuxet les entrailles des victimes favorables.En disant ces paroles, il entendit unbruit qui courait dans les rangs et de-manda quel etait ce tumulte. Xeno-phon lui repondit que c’etait le motqu’on faisait passer pour la seconde fois.Cyrus s’etonna que quelqu’un l’eütdonne, et demanda quel etait le mot.Xenophon lui dit : « Jupiter Sauveuret la victoire. — Soit, reparlit Cyrus,je le regois avec transport. » Ayantparle ainsi, il se porta au poste qu’ilavait choisi. Il n’y avait plus que troisou quatre stades entre le front des deuxarmees, lorsque les Grecs chanlerent lepean et commencerent ä s’ebranler pourcharger. Comme la ligne flottait enmarchant, ce qui restait en arriere ayaatcouru pour s’aligner, tous les Grecs je-
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