RETRAITE DES DIX MILLE. - LIV. I.
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lirent en naöme temps les cris usitespour invoquer le dieu de la guerre, etse mirent ä la course. Quelques-unspretendent möme qu’ils frappaient avecleurs piques sur leurs boucliers poureffrayer les chevaux. Avant qu’ils fus-sent ä la portee du trait, la cavaleriebarbare dötourna ses chevaux et prit lafuile. Les Grecs la poursuivirent detoutes leurs forces et se crierent les unsaux autres de ne pas courir et de suivreen gardant leurs rangs. Quant aux charsdes Barbares, denues de conducteurs,les uns retourncrent sur l’armee des en-nemis, les autres traverserent la lignedes Grecs. Des que les Grecs les voyaientvenir, ils s’arretaient et s’ouvraient pourles laisser passer. 11 n’y eut qu’un Sol-dat qui, frappö d’etonnement, commeon le serait dans l’Hippodrome, ne serangea pas, et ful choque par un deces chars; mais cet homme möme n’enre<;ut aucun mal, ä ce qu’on pretend.Aucun autre des Grecs ne fut bless6 äcette affaire, si ce n’est un seul ä l’ailegauche, qui fut, dit-on, atteint d’une(leche
37. Cyrus voyant les Grecs vaincre etpoursuivre tout ce qui etait devant eux,ressentit une vive joie. Dejä les Persesqui l’entouraient l’adoraient commeleur roi. Cette apparence de succes nel’engagea pas ä se livrer ä la poursuitedes fuyards. Mais ä la töte de l’escadronserre des six cents chevaux qu’il avaitavec lui, il observait avec soin quelparti prendrail son frere ; car il savaitqu’il etait au centre de l’armee perse/C’est le poste ordinaire de tous les ge-neraux des Barbares. Ils croient qu’e-lant des deux cötes entoures de leurslioupes, ils y sont plus en sürete , etqu’il ne faut ä leur armee que la moitiedu temps pour recevoir leurs ordres,s ils en ont ä donner. Le roi, place ainsi® u centre de la sienne > d£passait ce-
pendant la gauche de Cyrus. Ce mo*narque ne trouvant point d’ennemisdevant lui ni devant les six mille che-vaux qui couvraient sa personne, fitfaire ä sa droite un mouvement de con-version comme pour envelopper l’autrearmee. Cyrus craignant qu’il ne prit lesGrecs ä dos et ne les taillät en pieces,pique ä lui, et, chargeant avec les sixCents chevaux de sa garde, il replie toutce qui est devant le roi, et met en fuiteles six mille chevaux commandes parArtagerse. On dit möme que Cyrus tuaArtagerse de sa main.
38. Des que la deroute commenga,les six cents chevaux de Cyrus s’epar-pillerent ä la poursuite des fuyards. 11 neresta que peu de monde aupres de lui,et presque uniquement ceux qu’on ap-pelait sescommensaux. ßlant au milieud’eux, il apergut le roi et sa troupedoree. Il ne put se contenir, et ayantdit: « Je vois mon homme, » il sepre-cipite sur lui, le frappe ä la poilrine,et le blesse ä travers la cuirasse, ä cequ’alteste Ctesias le medecin, qui pre-tend avoir lui-meme pansö et gueri lablessure. Pendant que Cyrus frappe leroi, il est perce lui-meme au-dessousde l’oeil d’un javelot lance avec force.Ctesias, qui etait avec Artaxerxes, ra-conte combien perdit la troupe qui en-tourait le roi dans ce combat des deuxfreies et de leurs suites. Cyrus fut tuö,et pres de lui tomberent huit des plusbraves guerriers qui l’accompagnaient.On pretend qu’Artapate, le plus fidelede ses chambellans, voyant Cyrus äterre , saula a bas de son cheval et sejeta sur le cadavre de son maitre. Lesuns disent que le roi l’y fit ögorger,d’autres que ce fut lui qui s’y egorgealui-meme ayant tirö son cimeterre; car:J en portait un ä poignee d’or, ainsiqu’un collier, des brasselets et les au-tres marques de distinction dont se pa-