Band 
Tome premier.
Seite
479
JPEG-Download
 

RETRAITF. des dixGrec ou Barbare qui ne violait point leslois pouvait voyager sans crainte, alleroü il vöulail et porter tout ce qui luiconvenait. On convient qu’il honoraitsingul ierement tous ceux qui se distin-guaienl ä la guerre. La premiere qu’ileut ä soutenir fut contre les Pisidienset les Mysiens. II entra avec ses troupesdans leur pays , et tous ceux qu’il vitse montrer de bonne gräce dans les oc-casions perilleuses , il leur donna descommandemens dans la conlree qu’ilconquit, les distingua par d’autrcs re-compenses, et montra qu’il pensa it queles richesses et le bonheur etaicnt faitspourles braves, et que les poltrons n’e-laient bons qu’ä leur servil- d’esclaves.4ussi celait ä qui courrait aux perilsdes qu’on esperait etre vu de Cyrus.

42. Quant ä la juslice, s’il voyait unhomme evidemment jaloux de la prati-quev ouvertement, il faisait tous ses ef-forls pour le rendre plus l iehe que ceuxqui par l’injustice se montraient eprisd’un vil gain. Son administraliou enbeaucoup d’autres points avait pour basel’equite, et il en tirait cet avantage qu’ilcommandail une armee veritable; carles generaux, et les autres chefs grecsn’accouvaient pas ä lui par les molifsd’unecupidite vulgaire, inais parcequ’ilsavaient reconnu que servil- Cyrus avecdistinction, et lui obeir avec exactitude,leur etait plus favorable que la soldequ’on leur payait par mois. Si quel-qu’un executait bien l’ordre qu’il avaitdonne, il ne laissait jamais ce zele sansrecompense. Aussi disait-on delui, qu’iletait le prince le mieux servi en toutgenre. Yoyail-il un homme econome,severe, mais avec justice, administrerbien le pays qui lui etait confie, et enlirer de grands revenus, il ne lui ötaitjamais rien, il lui donnait encore plus;en Sorte qu’on travaillait avec joie,Hu’on acquerait avec securite, et per-

hiixe. — uv. i. 479

sonne ne dissimulait ä Cyrus sa for-tune; car il ne paraissait pas envier lesrichesses qu’on avouait : c’etait des Ird-»ors qu’on celait qu’il cherchait ä s’em-parer. On convient que de tous les mor-tels il etait celui qui avait le plus l’artde cultiver ceux qu’il faisait ses amis,qu’il savait lui etre affectionnes, qu’iljugeait capables de le seconder danstout ce qu’il voudrait entreprendre; etcomme il croyait avoir besoin qu’ilsl’aidassent, il tächait de leur rendrel’aide la plus puissanle des qu’il leurconnaissait un desir.

43. Je crois que de tous les hommes ilest celui qui, par beaucoup de raisons,a re£u le plus de presens. Mais il lesdislribuail tous, principalement ä sesamis, Consultant les goüls et les besoinsurgens de chacun. Lui envoyait-on deriches parures, soit qu’elles fussent d’u-sage ä la guerre, soit qu’elles fussent desimple decoration, on pretend qu’il di-sait que son corps ne pouvait pas lesporter toutes, et qu’il regardait commele plus bei ornement d’un homme d’a-voir des amis bien ornes. 11 n’est pointetonnant qu’il aitvaincu sesamisenmu-nificence, elant plus puissant qu’eux.Mais qu’en altentions, en desir d’obliger,il les surpassäl de mcme, c’est ce quime parait le plus admirable; car souventil leur faisait porter des vases ä demipleins de vin, lorsqu’il en avait regud’excellent, leur faisant dire que depuislong-lemps il n’en avait point trouve demeilleur. « Cyrus vous l’envoie donc, etvnus prie de le boire aujourd’hui avecvos meilleurs amis. » Souvent aussi illeur envoyait des moities d’oies, depain, ou de quelque mets dont il avaitessaye, et chargeait le porteur de leurdire : « Cyrus a trouve ccci excellent; ilveut que vous cn goütiez aussi.» Quandle fourrage etait tres-rare, et que par lenombre de valets qu’il avait et le soin