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Tome premier.
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XÄNOPHON.

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etaient construites. Les premicrs venusrangerent leurs tentes avec assez d’or-dre; les aut res, n’arrivant qu’ä la nuitnoire, camperent au hasard et jeterentde grands cris, s’appelanl les uns lesautres. Ces cris furent entendus, memedes ennemis, et les effrayerent au pointque ceux qui campaient le plus presdes Grecs s’enfuirent de leurs tentes.On s’en apergut le lendemain; car il neparaissait plus dans les environs ni betede somme, ni camp, ni fumee. Le roilui-meme, ä cequ’il parut, lut effrayede la marche des Grecs. II le prouvapar ce qu’il fit le jour suivant. La nuits’avangant, une terreur panique saisitaussi les Grecs. II survint un tumulte etun bruit tels qu’il s’en eleve ordinaire-ment dans ces sortes d’alertes. Clearqueavait par hasard sous sa main l’ßleenTolmides, le meilleur des herauls de cetemps. Il lui dit d’ordonner qu’on fit si-lence, et de proclamer ensuite, de lapart des chefs, qu’une recompense d’untalent d’argent etait promise ä quicon-que denoncerait celui qui avait lache unäne dans le camp. Quand on l’eut pu-blie, les soldats sentirent que leur ter-reur etait frivole, et qu’il n’etait ricnarrive ä leurs generaux. Des le point dujour, Clearque ordonna aux Grecs de seformer dans le mfemc ordre oü ils etaientle jour de la bataille, et de poser ainsileurs armesä lerre.

8. On eut alors une preuve evidentede ce que j’ai avance tout-ä-l’heure, quel’arrivee des Grecs avait frappe le roi deterreur. Ceprince, qui leur avait fait or-donner la veille de rendre leurs armes,envoya, des le lever du solei I, des he-rauts proposer un traite. Airives auxposles avances, ils demanderent les ge-neraux. Les grandes gardes le leur firentsavoir; et Clearque, qui dans ce mo-ment inspeclait les rangs des Grecs, or-donna qu’on dit aux heiauts d’altendre

jusqu’ä ce qu’il eüt le temps de leurdonner audience. Puis ayant tellementdispose l’armee, que la phalange fütserree, eut bonne apparence, et qu’ait-cun des soldats qui manquaient d’armesne fut en evidence, il fit appeler les de-putes du roi et alla lui-meme au-devantd’eux, escorte des soldats les plus beauxet les mieux armes. II recommanda auxautres generaux d’en user de meme.Quand on fut pres des deputes, Clearqueleur demanda ce qu’ils voulaient. Lesdeputes dirent qu’ils venaient pour untraite; qu’ils ötaienl charges de rappor-ter au roi les intentions des Grecs, etautorises ä faire connaitre aux Grecscelles du roi. Clearque repondit:«Rap-portez donc ä votre monarque qu’il fautd’abord combattre; car nous n’avonspas au camp de quoi diner, et ä moinsd’en fournir aux Grecs, personne n’oseraleur parier de traite. » Apres avoir en-tenduces mots, les deputes reparlirentau galop, et revinrent bientöt apres, cequi prouva que le roi n’etait pas loin,ou qu’il y avait au moins pres de la quel-qu’un ebarge de ses pouvoirs pour la ne-gocialion. «Le roi, dirent les deputes,trouve votre demande raisonnable, etnous revenons avec des guides qui, si latreveseconclut, vousconduirontoüvoustrouvefez des vivres. — Le roi, demandaClearque, offre-t-il, des ce moment,surete aux negociateurs seulement quiiront le trouver et en reviendront, ou äloute l’armee?—Atoute l’armee, direntles deputös, jusqu ’ä ce que le roi ait recuvos propositions. » Apres cctte reponse,Clearque les fit eloigncr, et deliberaavecles generaux. Ott resolut de condurepromptement ces preliminaires pourmarcher aux vivres et s’en fournir sanshosfilites. « C’est bien rnon avis, dit

Clearque; je differeraicependantdere-pondre : je btisserai aux deputes du roile temps de craindre que nous ne tef u '