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Tome premier.
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RETRAITE DES DIX MILLE. - LIV. II.

sions Ie traile. Je pense que nos soldatsn’en auront pas moins d’inquietude. »Ensuile, lorsqu’il crut le momenl con-venable arrive, il annonga aux depulesqu’il accedait aux preliminaires offerls,et leur dit de le mener aussitöt oü elaientles vivres. Ces Perses y conduisirentl’armee.

9. Clöarque allant conclure le traite,faisait marcher les troupes en bataille, etcommandait lui-meme l’arriere-garde.On rencontra des fosses et des canaux sipleins d’eau, qu’on ne pouvail les pas-set sans ponts. Mais on en fit ä la häte,soit avec les palmiers tombes d’eux-memes, soit avec ceux qu’on coupa.C’&ait alors qu’on pouvait voir quelgeneral etait Clearque. Dans sa maingauche il tenail une pique, dans ladroile il avait une canne. Si quelqu’undes Grecs commandes pour ouvrir laroute lui paraissait montrer de la pa-resse, il le tirait de sa place et y subsli-tuait un travailleur plus actif. Lui-meme, entrant dans la boue, meltaitla main ä l’ouvrage, en sorte que tousles pionniers auraient rougi d’y mon-trer moins d’ardeur que lui. Il n’avaitcommandö pour cette corvee que lesGrecs au-dessous de trente ans. Des sol-dats plus äges y concoururent volontai-rement des qu’ils virent le zele de Clear-qtie. Ce general se hätait, d’aulant plusqu’il soupconnait qu’en cette saison lesfosses netaient pas toujours aussi pleinsd’eau, car ce n’etait pas le teinps d’ar-roser la plaine. Il presumait que le ro>y ava it fait lächer des eaux pour mon-trer aux Grecs que beaucoup d’obstacles8 °pposeraient ä leur marche.

10. On arriva aux villages ofi lesguides avaient indicjue qu’on pourraitprendredes vivres. Onytrouva beaucoupdeble, du vin de palmier et une boissonacide tiree de ces arbres, qui avait fer-inenie et bouilli. On servait aux domes-

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tiques des daltes pareilles ä celles quenous voyons en Grece, et il n’en parais-sait ä la table des maitres que de choi-sies, et d’etonnantes pour leur beauteet leur grossem-. Leur couleur ne diffe-rait point de celle de l’ambrc jaune. Onen meltait quelques-unes ä part pourles faire secher, et on les servait au des-sert. C’etaitun mets delicieux pour lafin du repas; mais il occasionnait desmaux de töte. Ce fut lä encore que pourla premiere fois nos soldats mangerentdu chou palmiste. La plupart admi-raient sa forme et le goüt agreable quilui est pauiculier; mais il causait aussides maux de töte violens. Le palmiersechait en entier des qu’on avait enlevele sommet de sa tige. On sejourna troisjours en cet endroit. Tissapherne et lefrere de la reine, avec trois autres Perses,vinrent de la part du roi, suivis d’ungrand nombre d’esclaves. Les generauxgrecs etant alles au-devant d’eux, Tis-sapherne leur dit d’abord par la bouchede son interprete:

11. « Grecs, j’habite dans le voisinagede la Grece, et depuis que je vous aivus tomber dans un abime de malheursdont vous ne pouvez vous retirer, j’airegarde comme un honneur pour moid’oblenir du roi, si je le pouvais, qu’ilme permit de vous ramener dans votrepatrie; car je pense m’assurer par lä desdroits, non-seulement ä votre recon-naissance, mais ä cellc de toute laGrece. D’apres cette opinion, j’ai sup-plie le roi, je lui ai represente qu’iletait juste qu’il m’accordät une gräce.Je lui ai rappele que c’etait moi qui luiavais donne le premier avis de la marchede Cyrus; qu’en lui apportant cette nou-velle, je lui ai amene du secours; que detout ce qu’on vous avait oppose le jourde la bataille, j’etais le seul qui n’eussepas pris la fuite; que j’avais perce etl’avais rejoinl ä votre camp lorsqu’il s’y