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XÄNOPHON.
quel lieu fortifiüesl un rempart contreJeur vengeance? Rien n’est indepen-dant de l’autorit6 suprdme des dieux.Us ont dans tous les lieux, ils ont surtout ce qui existe un pouvoir egal etsans bornes. Telle estmon opinionsurles Immortels et sur les sermens garansde l’amitie que nous nous sommes mr-tuellement promise. Descendant ä öesconsiderations humaines, je vous re-garde, dans la conjoncture presente,comme !e plus grand bien et le plusprecieux pour les Gvecs. Avec vousquelle route nous sera difficile? quellefleuve ne passerons-nous pas? oü man-querons-nous de vivres? Sans vous,nous voyagerons toujours dans les te-nebres, car nous ignorons absolumentnotre chemin; nous serons arrötös partous les fleuves; une poigntied’hommesnous sera redoutable; les deserts nousle seront encore plus. C’est lä que nousattendent des difficulles sans nombre.Si donc la fureur nous aveuglait jus-qu’ä vous faire p6rir, que resulterait-ilpour nous d’avoir immolc notre bien-faiteur, si ce n’est de nous attirer unenouvelle guerre avec le roi, avec leplus puissant de tous les vengeurs? Jevais vous exposer de plus ä quel les es-perances personnelies je renoncerais enenlreprenant de vous faire la moindreinjurc. J’ai desire de me faire ami deCyrus, parce que je croyais trouver enlui Thomme le plus capable d’obligerqui il voudrait. Je vous vois mainte-nant reunir ä volre gouvernement celuide ce prince. Je vous vois heritier desa puissance et soutenu de celle du roi,contre laquelie luttail Cyrus. Dans cescirconstances, quel lionnne assez in-sense pour ne pas desirer d’ötre de vosamis? Je me Halte que vous voudrezaussi 6tre le nötre, et je vous indique-rai ce qui me le fait presumer. Je voisles Mysiens et les Pisidiens inquieter
votre gouvernement. J’espüre, avec lesGrecs que je commande, les humilieret vous les soumellre. J’en entends direautant de beaucoup d’autres peuples.Je me crois en 6tat de les empftcher detroubler sans cesse votre tranquillite.Les Egyptiens, je le sais, sont eeux coii-tre lesquels vous 6tes le plus irritös, etje ne vois pas quelles troupes vouspourriez vous assoeier, pour chätier cesrebelles, qui valusseni celles dont jesuis le chef. Aux environs de votre gou-vernement, vous deviendriez le protec-teur le plus puissant de quiconque vousvoudriez favoriser; vous ordonneriez enmaitre absolu la destruction de qui ose-rait vous insuller, en nous ayant pourministres de vos vengeances, nous quine vous servirions pas seulement parl’espoir de la soide, mais par des mo-tifs de reconnaissance et par un justeSouvenir de notre salut que nous vousdevrions. Apres avoir fait toutes ces re-flexions, il me parait si etonnant quevous ayez de nous quelque deliance,que je serais charme de savoir quel aete rhomme assez eloquent pour vouspersuader que nous avons de mauvaisdesseins contre vous. » Clearque ayantfini de parier, Tissapherne repondit:
22. « Je suis charmö, Clearque, devous entendre tenir ce discours sense.Car, puisque vous pensez ainsi,jecroiraidesormais que vous ne pouvez formerde projels nuisibles contre moi, sansen former contre vous-meme. Ecoulez-moi ä votre tour, et apprenez que vousne sauriez avec justice vous defier nid’Artaxerxes ni de moi. Si nousavionsvoulu vous perdre, vous semble-l-ilque nous n’eussions pas assez de cava-lerie, d’infanterie, d’armes, pour vousnuire sans courir le moindre risque.Presumez-vous que nous ne trouvas-sions pas de lieu favorable pour vousatlaquer? Maiscombieu dans le pays qui