RETRA.ITE DES DIX MILDE. — LIV. H.
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fait des voeux pouv nous, de vastes plai-nes que vous vous fatiguez ä (raverser;combien sur votre chemin de monta-gnes dont nous pouvons vous boucherles passages en les occupant avant vous;combien de fleuves au-delä desquelsnous pouvons ne laisser defiler que laquantile de vos troupes que nous vou-(lrons combattre. Que dis-je? il en estque vous ne passeriez meme jamaissans notre secours. Supposons qu’au-cun de ces moyens ne nous reussisse,les fruits de la terre peuvent-ils resis-ter au feu? INous brülerons toul devanlvous, et nous vous opposerons la fa-mine pour adversairq. Pouvez-vous,quelque braves que vous soyez, la com-battre? Comment, ayant autant demoyens de vous faire la guerre sanscourir le moindre danger, choislrions-nous entre taut de manieres la seule qui,soit impie envers les dieux et qui nouscouvrirait de honte devant les hommes, jqui ne convient qu’ä des gens sans res-source, plonges dans l’embarras, pres-ses par la necessile, qu’ä des sceleralsqui veulenl retirer quelque avantage deleur parjure envers les dieux et de leurinfidelile envers les humains. Nous nesonimes pas ä ce point, Clearque, in-senses et dcraisonnables. Pourquoidonc, lorsqu’il nous elait facile de vousdelruire, ne vous avons-nous pas atla-ques? Sacliez que vous le devez au de-sir vif que j’ai eu de gagner Familie desGrecs, et de revcnir de mon gouver-nement, m’etant assure, par mes bien-faits, l’attachement de ces troupes, surlesquelles Cyrus, en les menanl danslaHaule-Asie, ne comptait, que parcequ’il les süpendiaii. Vous m’avez de-Sl gne quelques-uns des avantages queje puis retirer de votre affection. Vousavez omis le plus important, et je lesens. 11 est permis au roi seul de porterlatiare droite sur sa tCtte i mais avec
votre assistance, un aulre a peut-fetredroit de la porter ainsi dans son coeur.»
25. Ce discours parut sincere ä Clear-que ; « Ceux donc, reprit-il, qui, landisquenousavons des motifsaussi puissansd’etre amis, tächent par calomnies desuseiter la guerre entre nous, meritentles derniers supplices. — Pour moi, ditTissapherne, je denoncerai ceux quime disent que vous tramez des complotscontre mon armee. Je les nommerai ävosgeneraux et ä vos chefs de lochos,s’ils veulent venir publiquement metrouver. —Je vous les amenerai tous,repliqua Clearque, et je vous declare-rai quiconque me lient sur vous de sem-blables discours. » Tissapherne, aprescet enlretien, fit beaucoup de caresses äClöarque, et le retint ä souper. Ce ge-neral etant retourne le lendemain aucamp, parut persuade des intentionspacifiques de Tissapherne, et publiace que le salrape lui avait dit. 11 ajoutaqu’il failait que les chefs invites parTissapherne se rendissent chez ce Perse,et que ceux des Grecs, qui seraient con-vaincus de calomnie, fussent puniscomme trailres, et mal intentionnespour leurs compatriolcs. II soupgon-nail Menon de ce crime, sachantqu’A-riee et lui avaient eu une Conferenceavec Tissapherne; que Menon, d’ail-leurs, formait un parti contre lui, et,par une conduite insidieuse, voulait luidebaucher loute Farmee, et s’assurerpar lä de Familie de Tissapherne. Clear-que, de son cöte, visait ä s’attaehertoutes les troupes, et ä se defaire desnvaux qui l’inquietaient. Quelquessol-dats furent d’un avis contraire ä celuide Clearque, et dirent qu’il ne failaitpas que tous les generaux et les chefsde lochos allassenl chez Tissapherne, niqu’on se fiat aveuglement ä lui. Clear-que insista forternent jusqu’ä ce qu’ileül läit dccider qu’il ira.it cinq generaux