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Tome premier.
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494
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494 XENOPHON.

et vingt chefs de lochos. Environ deuxcents soldats les suivirent, comme pouraller acheter des vivres.

24. Quand ils furent arrives ä la teiltedu satrape, on fit entrer les cinq g6ne-raux, Proxene de Beotie, Menon deThessalie, Agias Arcadien, ClearqueLacedemonien et Socrate d’Achaie. Leschefs de lochos resterent ä la porte. Peude temps apres, au meme signal, onarrcta les generaux qui etaient entres,et on fit main-basse sur tout ce qui setrouvait de Grecs en dehors. Ensuitequelque cavalerie barbare se dispersantdans la plaine, passa au fil de l’epeetout ce qu’elle trouva de Grecs indis-tinctement, hommes libres et esclaves.Les Grecs, qui l’aperijurent de leurcamp, s’etonnerent decetteexcursion,et ne concevaient pas ce que ces cava-liers pourraient faire. Mais enfin Ni-carque Arcadien arriva. 11 avait prislafuile, quoique blesse au ventre et te-nant ses entrailles dans ses mains : ilraconla tout ce qui s’elait passe. Aussi-töl les. Grecs coururent aux armes,frappes de terreur, et presumant queleur camp allait etre ä l’instanl assaillipar les Barbares; mais l’armee entierede Tissapherne n’y marcha pas. II nevint qu’Ariee, Artaeze et Milhradate,qui avaient ete les plus intimes amis deCyrus. L’interprete des Grecs dit qu’ilvoyait aussi parmi ces Barbares le frerede Tissapherne, et qu’il le reconnaissaitbien. Ils etaient escortes d’environ troisCents Perses cuirasses. Quand ils furentpres du camp, ils demanderent quequelque general ou un chef de lochoss’avan^ät pour qn’ils lui annongassentles intentions du roi. Cleanor d’Orcho-mene et Sophrenele de Stympbale sor-tirent du camp avec precaution. Xeno-phon Alhdnien lessuivit pour apprendredes nouvelles de Proxene. Cbirisophe»e trouYail absent pour lors, ayanl 6le

avec d’autres Grecs cbercber des vivresdans un village. Quand on fut ä porteede s’entendre, Ariee dit: « Grecs, Clear-que ayant ete convaincu de violer sessermens et de transgresser le traite, arei;u la peine qui lui etait due : il n’estplus. Proxene et Menon, qui ont de-noncd sa perfidie , re^oivent de grandsbonneurs. Quant ä vous, le roi vousdemande vos armes, et pretend qu’elleslui appartiennent, puisque vous lesportiez pour Cyrus son esclave. »

25. Les Grecs lui repondirenl, Clea-nor d’Orchomene portant la parole: «0le plus mechant des hommes, Ariee! övous tous qui etiez dans rintimile deCyrus ! pouvez-vous lever les yeux sansrougir vers les dieux ou sur les hom-mes ; vous qui ayant jure d’avoir lesmemes amis et les meines ennemis quenous, avez depuis machine nolre perleavec Tissapherne , le plus impie et leplus scelerat des morleis; avez egorgeles generaux meines qui avaient reruvotre serment, et, nous ayant tous ira-his, marchez contre nous avec nos en-nemis? » Ariee repliqua : « Clearqueavait dejä ete convaincu de lendre desembücbes a Tissapherne, ä Orontas etä nous tous qui les accompagnons. —Clearque , donc , reprit Xenopbon, aete justement puni d’avoir viole letraite, malgre ses sermens ; car il estjuste que les parjures perissenl. MaisProxene et Menon , puisque vous avezü vous louer d’eux et qu’ils sont nosgeneraux, renvoyez-les-nous. Egale-ment bien intentionnes pour vous etpour nous, il est evident qu’ils ne tä-cheront de nous inspirer que les des-seins les plus avanlageux aux deuxarmees. » Les Barbares ayant long-temps confere ensemble sur cette re-ponse, se relirerent sans en avoir renduaucune.

26. Les generaux qu’on avait ainsi