RETUAITK DES 01X MILLE. — L1V. ClI.
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aussitöt : Xenophon s’öveille, et tollessont les premifSres idees qui le (rap-pen! : « Pourquoi snis-je couche? Lanuil s’avance. Avec le jour nous auronspvobablement l’ennemi sur (es bras;si nous lombons au pouvoir du roi,qui l’cmpüchera , apres que nous au-rons eie temoins du plus alifreux spec-tucle, apres qu’il nous aura fait souf-frir toutes les horreurs d(*s supplices,de nous condamner ä la mort la plusignominieuse? Personne ne se prepare,personne ne songe meine ä preridre lesmoyens de repousser l’ennemi. Nousrestons tous couclies comme si nousavions le loisir de nous livrer au repos.Que fais-je moi-meme? D’oii atlends-jeun general qui prenne le parti qu’exi-gent les circonstances? et jusqu’ü queläge dois-je diflerer de veiller moi-memea mon salut? Car je n’ai pas i’air devieillir beaucoup si je me rends au-jüui'd’lHu ü rennemi. » D’apres ces re-Ilexions, il se liive et appelle d’abordles chefs de loclios de la section deProxene. Quand ils furent assembles,il Icur dil : « Braves chefs, je ne puisni dormir (ei saus doute vous ne dor-iniex pas plus que moi), ni rester pluslong-temps couche, ayant devant lesjeux la triste Situation oü nous sommesidduiis; ear il est evident que 110 s enne-mis n’ont voulu et re en guerre ou verteavec nous qu’apres avoir cru s’y ötrcbien prepares, et personne de nous nesoccupe des moyens de les repousservigoureusement. Quel sort pensons-nous qui nous altende, si nous per-dons courage et tombons dans les mainsdu roi, de ce prince inbumain qui, netrouvant pas sa cruaute assouvic par lam ort de son propre freie, en a mutilelecadavre, a fait couper la tele et lama ' n de Cyrus, et les a exposees enspectacle au haut d’une pique ? Queissupplices reserve-t-il, croyez-vous, pour
nous, dont personne n’4pouse ici lesintüröts, et qui avons pris les armespour le faire lomber du tröne dansl’csclavage, ou meine pour lui öter, sinous pouvions, la vie? Ne nous fera-t-i! pas subir les plus honteuses tor-lures? Ne cherchera-t-il pas tous lesmoyens d’inspher au reste des morteisune terrcur qui les detourne de porterla guerre au sein de ses etats? 11 fautdonc tout tenter pour ne pas lomber enson pouvoir. Tant qu’a dure le traile,je n’ai cesse de plaindre les Grecs etd’envier Ic bonheur d’Artaxerxes et desPerses. Je considerais l’immensit6 et lafertilite du pays que possedaient nosennemis, l’abondance dans laquelle ilsnageaient. Que d’esclaves ! que de b6-tail! que d’or et d’habits magnifiques!Tournant ensuite mes regards sur notrearmee, je voyais qu’aucun de ces biensn’elait ä nous sans l’acheler. Je savaisqu’il ne restait plus de quoi payer qu’äpeu de nos soldats, et que nos sermensnous empechaient tous de nous foumirdu necessaire, autrement que l’argentä hi main. Souvent, d’apres ces consi-derations, notre traite m’effrayait plusque ne m’effraie aujourd’hui la guerre.Puisque la convention est rompue parle fait des Perses, il me semble qu’ilsonl mis fin en meme temps, et aux ou-trages qu’il nous fallait essuyer d’eux,et aux soupeons continuels dans les-quels il nous fallait vivre. Tous lesbiens dont ils jouissaient ne sont pasplus ä eux desormais qu’ils ne sont änous. Comme les prix des jeux de laGvece deposes entre les pretendans, ilsapparliendront aux plus courageux. Lesdieux sont les arbitres de ce combat,et sans doute (car ils sont justes) ilsse declareiont pour nous. Les Barbaresles ont offenses par leurs parjures, etnous, lorsque nous nous sommes vusenloures de tant d’objels de lenlation,
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