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Tome premier.
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XfcNOPHON.

nous nous sommes sevßrement abste-nus de rien prendre par respect pournos sermens et pour les Immortels. Jecrois donc que nous pouvons marcherau combat avec plus d’assurance quenos ennemis. Nous avons d’ailleursplus qu’eux l’habitude et la force desupporter le froid, le chaud, la fatigue,et, gräce au ciel, nos ämes sonl d’unemeilleure trempe. Les Barbares serontplus faciles que nous ä blesser et ä tuer,si les dieux nous accordent, commeci-devant, la victoire. Mais peut-etred’autres Grecs que nous ont-ils en cemoment la mßme pensee? N’altendonspas, je vous en conjure par les Immor-tels, qu’ils viennent nous trouver, etque ce soient eux qui nous exhorten tä une defense honorable; commengonsles premiers ä marcher dans le cheminde l’honneur et entrainons-y les autres.Montrez-vous les plus braves des chefsgrecs; montrez-vous plus dignes d’etregeneraux que nos generaux eux-memes.Si vous voulez courir ä cette gloire,j’ai dessein de vous suivre; si vousm’ordonnez de vous y conduire, je nepretexte point mon äge pour m’en dis-penser. Je crois, au contraire, que lavigueur de la jeunesse ne me rend queplus capable de repousser les mauxqui me menacent.» Ainsi parla Xeno-phon.

o. Les chefs ayant enlendu son dis-cours, lui dirent tous de se mettre äleur tete. 11 n’y eut qu’un certain Apol-lonide, qui affeclait de parier le dia-lecte beotien, qui soutiut que c’elaitderaisonner que de pretendre qu’il yeöt d’autre espoir de salut, que de fle-chir le roi, s’il etait possible; et ilcommengait a exposer les difficultesqu’il trouvaitäse tirer autrement d’af-faire. Xenophon rinterroropit par cesmols : « O le plus etonnant des hom-mes, qui ne concevcz pas ce que vous

voyez, qui ne vous souvenez pas de cequi a frappe vos oreilles 1 Vous dtiezavec nous lorsqu’apres la mort de Cy-rus, le roi, enorgueilli de sa bonne for-

i.i’.tie , nous fit ordonner de rendre les

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armes; mais des qu’il vit qu’au lieude les rendre nous nous en etions Cou-verts, que nous avions marche ä lui etcampe ä peu de distance de son ar-mee, que ne fit-il pas pour oblenir lapaix ? II envoya des depules, mendianolre alliance et fournit des vivres d’a-vance. Nos generaux et nos autres chefsensuite se fiant sur le traite et ayant eiesans armes, comme vous voudriez quenous y allassions encore, s’aboucheravec les Barbares, oü en sont-ils main-tenant? Accables de coups, de blessu-res , d’outrages , les malheureux nepeuvent oblenir la mort qu’ils implo-rent sans doute. Vous avez vu tout ceque je dis lä, et traitez de vains dis-coureurs ceux qui parlent de resistance.Vous nous exhorterez ä aller encorefaire d’inutiles efforts pour flechir nosennemis. Mon avis, braves chefs, estde ne plus laisser cet homme prendrerang avec nous, de lui öter son grade,de lui mettre des bagages sur le dos,et de nous en servir ä cette vile fonc-tion; car il est Grec, mais par sessen-timens il deshonore et sa patrieet toutela Grece. »

6. Agasias de Stymphale reprit:«Cethomme n’a rien de commun ni avecla Beotie , ni avec la Grece; car je luiai vu les deux oreilles percees commeä un Lydien ; » et ce fait etait vrai. Onle chassa donc, et les autres chefs deloclios marchant le long de la ligne ,appelaient le general, s’il etait en vie,ou, si le general etait mort, ceux quicommandaient sous ses ordres. Touss’etant assembles, s’assirent en avantdes armes. Les generaux et les autreschefs qui s’y trouverent montaient au