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Tome premier.
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RETRAITE DES DIX -MILLE. - LIV. III.

nombre de cent ä peu pres. II etaitalorsenviron minuit. HiöronymeKleen,le plus äge parmi ceux de la seclion deProxene, prit le premier la parole ettint ce discours : « Göneraux et chefsdelochos, en jetanl Ies yeux sur notreSituation, il nous a paru convenable denous assembler et de vous appeler pourdeliberer ensemble et trouver, si nousle pouvons, quelque expödient avan-tageux. Redites doncici, Xenophon,ajouta-t-il, ce que vous nous avez com-munique. » Xenophon parla alors ences termes:

7. «Nous savons tous que le roi etTissapherne ont fait arröter autant deGrecs qu’ils ont pu. On ne peul dou-ter qu’ils ne tendent des pieges aureste, eine nous fassen! perir, s’ils enont les moyens; je pense donc qu’ilnous faut faire Ies derniers efforls pourne point tombcr au pouvoir des Bar-bares, mais pour qu’ils tombem plulötau nötre s’il se peut. Soyez bien con-vaincus qu’il s’en presente, ä tous tantque nous sommes ici, la plus belleoccasion. II n’est point de soldats quin’aient les yeux tournes sur vous: s’ilsvous voient conslernes, ils se condui-ront tous en läcbes; mais si vous pa-raissez vous disposer ä marcher ä l’en-nemi et y exhortez le reste de l’armee,sachez et qu’elle vous suivra et qu’elle'khera de vous imiter. II est justequevous differiez un peu du simple Sol-dat : vous etes les uns ses generaux,les autres commandant les subdivisionsdes sections placees sous leurs ordres.l’endant la paix on vous considerait,ue le Soldat, vousjouissiez d’uneplus gründe opulence : vous devez doncßiamtenant que nous sommes en guer re,vous estimer encore vous-mömes plusque la multitude qui vous suit. Vousdevez prevoir, vous devez travaillerP°ur eile, s’i I est necessairc, et je pense

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d’abord que vous rendrez vm grandservice ä l’armee, de vous occuper äi-emplacer au plus tot les generaux etles autres chefs qu’elle a perdus; car,pour m’expliquer en deux mots, sanseux, rien de glorieux, rien de vigou-reux ä esperer nulle part, mais surloutä la gnerre. La discipline est, ä monavis, le salut des armees; l’indisci-pline en a perdu beaucoup. Apres avoir61 u autant de nouveaux chefs qu’ilnous en manque, je pense qu’il seratres ä propos que vous rassembliez etencouragiez le reste des Grecs; car vousavez sans doute remarque dans quelleconsternation etaient plonges les deta-chemens, et quand ils ont ete prendreleurs armes, et quand ils ont marcheaux postes avances. Tant qu’elle dureraje ne sais ä quoi sera bon le Soldat,soit qu’on ait ä l’employer de jour oude nuit. Mais si l’on detourne ses pen-sees vers d’autres objels, si on lui faitenvisager , non pas seulement le malqu’il peut souffrir, mais encore celuiqu’il peut faire, on releveva son cou-rage; car vous savez sans doute qu’ä laguerre ce n’est ni la multitude des hom-mes, ni leur force corporelle, qui don-nent les victoires; mais ceux qui, avecles ämes les plus vigoureuses et la pro-tection des dieux, marchent droit äl’ennemi, trouvent rarement des ad-versaires qui les attendent, et j’ai faitl’observation suivante : quiconquedans le melier des armes tache , äquelque prix que ce soit, de prolongerses jours, meurt presque toujours hon-veusement et comrae un lache; maistous ceux qui regardent la mort commeun mal commun ä tous les hommes,et qu’il faut necessairement subir; quine comhattent que pour obtenir unefin glorieuse, ce sont ceux-lä, dis-je,que je vois surtout parvenir a une lon-gue vieilh'sse et passer jusqu’ä Jeur