Band 
Tome premier.
Seite
508
JPEG-Download
 

808

XfiNOPnON.

pas tombes sur nous en force, et n’ontenvoyc qu’un petit detachement : ilsne nous ont pas nui beaucoup, et ilsnous indiquent nos besoins; car ni Iesfleches des archers cretois, ni nos jave-lots ne peuvent atteindre aussi loin queles arcs et les frondes des Barbares.Marchons-nous ä eux, nous ne pouvonsles suivre loin de notre armee, maisseulement jusqu’ä une petite distance,et teile qu’un horame ä pied, quelqueagile qu’il soit, n’en peut attraper unautre qui a sur lui une avance de iaportee de l’arc. Si nous voulons doncempficher l’ennemi de nous inquieterdans notre marche, il faut au plus totnous pourvoir de cavalerie et de fron-deurs. J’entends dire qu’il est dansnotre armee des Rhodiens dont Ia plu-part passent pour savoir se servir de lafronde et pour atteindre ä une porteedouble de celle des frondes ennemies;car les Perses lancent des pierres tres-grosses, et leurs frondes, par cette rai-son , ne portent pas loin; au lieu queles Rhodiens savent aussi lancer desballes de plomb. Si nous examinonsdonc quels sont les soldals qui ont desfrondes, si nous leur en payons la va-leur, si l’on promet une autre gratifi-cation ä ceux qui voudront en faire denouvelles, si l’on imagine quelque itn-munite pour les volontaires dont seformera notre corps de frondeurs, ils’en presentera peul-etre d’assez bonspour etre d une grande ulilite ä l’ar-mee. Je vois des chevaux ä notre camp;j’en ai quelques-uns ä mes equipages;il en reste de ceux de Clearque; nousen avons pris ä l’ennemi beaucoupd’autres que nous employons ä porterdes bagages. Choisissons dans le nom-bre total, rendons pour indemnite äceux ä qui ils appartiennent d’autresbetes de somme, equipons des chevauxde maniere ä porter des cavaliers j peut-

fitre inquieteront-iYs ä leur tour l’en«nemi dans sa fuite. » Cet avis passa.On forma dans la nuit un corps d’en-viron deux Cents frondeurs. Le lende-main on choisil environ cinquante che-vaux et autant de cavaliers. On leurfournit ensuite des habillemens de peauet des cuirasses. Lycius, Athenien, filsde Polystrate, fut mis ä Ia lete decepetit escadron.

17. On sejourna le reste du jour, el lelendemain les Grecs se mirentenmar-cbe de meilleure heure; car ils avaientun ravin ä traverser, et l’on craignaitqu’au passage decedefilel’ennemi n’at-taquät. On etait tlöjä au-delä, lorsqueMithradale reparut avec mille chevaux,et environ quatre mille archers et fron-deurs. Tissapherne lui avait donne cedetachement qu’il avait demande, etMithradale avait promis au satrape ques’il lui confiait ces forces, il viendraita boul des Grecs et les lui livrerait.Il avait congu du mepris pour eux,parce qu’ä la derniere escarmouche,quoiqu’il n’eüt que pcu de troupes, iln’avail rien perdu, et leur avait fait, äce qu’il presumait, beaucoup de mal.Les Grecs avaient passe le ravin et enetaient eloignös d’environ huit stades,quand Mithradale le traversa avec sondetachement. On avait, dans l’armeegrecque, designe de l’infanlerie [lesanteet des armes ä la legere, qui devaientpoursuivre l’ennemi, et on avait or-donne aux cinquante chevaux de s’a-bandonner hardiment aux trousses desfuyards, les assurant qu’ilsseraientsui-vis et bien soutenus. Mithradale avaitrejoint les Grecs, et etait dejä ä la por-tee de la fronde et du trait quand la(rompette donna le Signal. L’infanleriecommandee courut aussitöt sur l’en-nemi, et les cinquante chevaux s’y por-terent. Les Barbares ne les attendirentpas et fuirent vers le ravin. Ils pevdirent