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Tome premier.
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RETRAITE DES DIX MILLE. - UV. HI.

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dans celte deroute beaucoup d’infan-lerie; et environ dix-huit de leurs ca-valiers furent faits prisonniers dans leravin. Les Grecs, sans qu’on l’eüt or-donne, mulilerent les cadavres de ceuxqu’ils avaient tues, pour que la vue eninspirät plus de terreur aus ennemis.

18. Apres cet echoe, les Barbaress’eloignerent. Les Grecs ayant marchele feste du jour sans elre inquietes, ar-riverent sur les bords du Tigre. On ytrouva une ville grande, mais deserte,noramee Larisse : eile avait ete autre-fois habitee par les Medes; ses mursavaient vingt-cinq pieds d’epaissi ur etCent de hauleur; son enceinle etau dedeux parasanges : les murailles etaientbäties de brique, mais elles etaient depierre de tadle depuis leurs fondemensjusqu’ä la hauleur de vingt pieds. Lors-que les Perses enleverent aux Medesl’empire de l’Asie, le roi de Perse as-siegea cette place et ne pouvait d’au-cune maniere s’en rendre maitre ; maisle soleil ayant disparu, comme s’il sefüt enveloppd d’un nuage, les assiegesen furent consternes, et laisserent pren-dre la ville. A peu de distance de sesmurs 6tait une pyramide de pierre,haute de deux plethres; chaque cöte desa base avait un plethre de longueur.Beaucoup de Barbares, qui avaient fuides villages voisins, s’y etaient retires,

19. L’armee fit ensuite une marche desix parasanges, et arriva prös d’une ci-tadelle grande et abandonnee, et d’uneville qui la joignait. La ville senommaitMespila : les Medes l’avaientjadis habi-tee. Sur un mur epais de clnquantepieds, qui, depuis ses fondemens jus-qu’ä cinquante pieds de haut, etaitconstruit d’une pierre de taille incrus-tfe de coquilles, s’elevait un nouveaumur de la meme epaisseur et de centpieds de haut, bäti de brique. Telleeiail l’enceinte de cette ville, qui avait

six parasanges de Circuit; on dit queMedie, femme du roi des Medes, s’yrefugia lorsque leur empire fut envahipar les Perses. Le roi de Perse assiegeacelte place et ne pouvait la prendre nipar force, ni parblocus; Jupiter frappade terreur les habilans, et la ville serendit.

20. L’armde fit ensuite une journee dequatre parasanges. Pendant la marche,Tissapherne parut avec sa propre cava-lerie, les forces d’Orontas, gendre duroi, l’armee barbare de Cyrus, celleque le frere bätard d’Artaxerxes avaitamende au secours de ce monarque, etd’autres renforts quele roi avait donnesau satrape, en sorte qu’il ddploya ungrand nombre de troupes. S’etant ap-prochd, il en rangea partie en bataillecontre l’arriere-garde des Grecs, et enporta sur leurs flancs. Il n’osa pas ce-pendant faire charger et courir le risqued’une affaire generale; mais il ordonnaä ses archers et ä ses frondeurs de tirer.Les Rhodiens, qu’on avait insdrds etlä, dans les rangs de l’infanterie, s’etantservis de leurs frondes, et les archersdes Grecs ayant tird des fleches ä la ma-niere des Scythes, aucun de leurs coupsne porta ä faux; car, vu la multitudedes ennemis, quand on l’aurait voulu,on aurait eu peine ä ne les point tou-cher. Tissapherne se retira legerementhors de la portee du trait, et fit replierses troupes. Le reste du jour, les Grecscontinuerent leur marche, et les Bar-bares les suivirent de loin; mais ilsn’oserent renouveler ce genre d’escar-mouche, car ni les fleches des Perses,ni celles de presque aucun archer neportaient aussi loin que les frondes desRhodiens. Les arcs des Perses sont fortgrands; loutes leurs fleches qu’on ra-massait dtaient uliles aux Gretois, quicontinuerent ä s’en servir, et s’exer-gaient ä les decocher sous un angle