Band 
Tome premier.
Seite
511
JPEG-Download
 

RETRAITF. DES DIX MIELE. - LIV. IH.

514

pesanle:ma!s ils ouvrirent le flanc droitdu bataillon carre, et en firent sortirdes armes ä Ja legere, qui marchcrentvers la grande montagne. Ces troupesprirent le dessusde l’ennemi, qui n’osaplus inquieter les Grecs lorsqu'ils re-drscendaient unecolline; car il craignaitd’etre coupe et cnveloppe des deux cöles.On marcha ainsi lereste du jour. L’ar-mee greeque suivit son chemin de col-line en colline : les armes ä la legerelongerent la montagne qui dominail.On arriva ä des villages, et l’on con-stitua liuit medecins pour panser lesblesses, car il y en avait beaucoup.

23. On y sejourna trois jours, et äcause des blesses, et parce qu’on ytrouva beaucoup de \i\res, de la farinede froment, du vin, et tin grand amasd’orge ä l’usagc des chevaux. Toutesces provisions avaient ete rassembleespour le salräpe de la province. Le qua-trieme jour, les Grecs desccndirentdans la plaine. Tissaplierne les ayantrejoints avec son armee, les forga decantonner dans le premier village qu’ilstrouverent, et de ne plus tenler decomballre en inarchant; car ils avaientbeaucoup de blesses. Des soldats lesporlaient et laissaient eux-memes por-ter leurs armes ä d’autres Grecs, cequi faisait une multilude d’hommesbors de Service. Mais lorsqu’on futcantonne, et que les Barbares, s’appro-chant du village, voulurent inquieterles Grecs, ceux-ci eurent de beaucouplavantage; car il elait tres-differentde repousser, par des sorlies, d’unlieu ferme, ces legeres incursions, oude marcher en plaine, occupes sanseesse äresisteraux efforts de l’ennemi.Vers le soir, arriva l’heure oü les Bar-bares devaient s’eloigner; car ils neCam Paient jamais a moins de soixantestades des Grecs, craignant d’elre atta-q<tes de üuit, ijne armee perse est, en

effet, dans les tenübres, une mauvaisearmee; ils lienl leurs chevaux, et leurmellent le plus souvent des entraves,de peur qu’ils ne s’enfuient. Survient-il une alerte, il faut que le cavalierperse seile, bride son cheval et lemonte, apres avoir pris sa cuirasse,toutes choses difficiles ä exdcuter lanuil, et surtout dans un moment detumuite et de confusion. Voilä pour-quoi les Perses campaienl loin desGrecs.

24. Lorsqu’on sut que les Barbaresvoulaient se retirer, et que l’ordre en futdonne ä leur troupes, les herauls publie-renl aux Grecs de se tenir prets ä mar-cher, et les ennemis l’entendircnt. Ilsdiffererent leur retraite quelquc temps;mais quancl il commen<;a a se faire lard,ils se replierent, car ils ne croyaienlpas qu’il füt avanlageux pour eux demarcher, ni d’arriver de nuit ä leur1 camp. Les Grecs, des qu’ils virent clai-: rement que les Barbares se retiraient,

| partirent eux-memes, firent environj soixante stades, et mirent une teilei distance entre les deux armees, que! ni le Iendemain, ni le surlendemainil ne parut un ennemi. Le jour sui-vant, les Barbares qui s’etaient avancesla nuit, occupent un poste avanlageuxsur la route par laquelle il fallait quel’armee greeque passül : c’&ait la cröled’une montagne qui dominail le seulchemin par oü l’on descendail dansune autre plaine. Chirisophe voyanlcetle hauteur garnie d’ennemis quiI l’avaient prevenu , envoie chercher1 Xenophon ä 1’arrierc-gardc, et lui fait' dire de lui amener les armes a la le-| göre qui y ctaient. Xenophon ne les cnj tira poinl; car il voyait deja parailre; Tissaplierne et louie son armee. Maisse portant lui - meme au galop versChirisophe : «Que me voulez-vous?demanda-t-il, — Yous pouvez le voir