RETRAITE DES DIX BULLE. LIV. III.
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e( prirent un aulre cliemin. L’armeegrecque, aux ordres de Chirisophe, des-eendit dans la plaine, et cantonna dansun village plein de vivres. 11 y en avaiibeaucoup d’aulres aussi bien approvi-sionnes dans le nie me canton, sur lesbords du Tigre. Pendant l’apres-midi,l’ennemi parait ä l’improviste dans laplaine, et passe au fd de l’epee quel-ques Grecs qui s’y etaient disperses pourpiller; car on avait pris beaucoup detroupeaux, dans le moment que lesconducteurs les faisaient passer de l’au-tre cöte du fleuve. Alois Tissapherne etses troupes essayerent de mettre le Ceuaux villages, et quelques Grecs s’endesesperaient, craignant de ne plustrouver oü se fournir de vivres, si lesBaibares prenaient le parti de tont brü-ler. Chirisophe, avec ses troupes, re-venait apres avoir porte secours auxGrecs epars, sur qui etaient tombesles Barbares. Xenophon, qui descen-dait de la monlagne, courant en cemoment le long des längs: « Grecs,leur dil-il, vous voyez les Barbares re-garder dejä celle contree comme ä nous.Ce sont eux qui transgressent la condi-tion qu’ils nous avaient imposee parle traite, de ne rien brüler dans l’em-pire du roi. 11s y portent le feu commeen pays qu’ils ne possedenl plus; maisdans quelque lieu qu’ils laissent desvivres pour eux-memes, ils nous yverront marclier. Je suis d’avis, Chiri-sophe, ajouta-l-ii, de porter secours,contre ces incendiaires, aux villagesqu’ils brülent, comme a notre bien.— Je ne suis point du toul de votreopinion, dit Chirisophe; meilons-nousplutöt nous-mßmes a brüler: c’est lemoyen le plus prompt de faire cesserles Barbares. »
21. De retour a leurs tentes, les gene-raux et les chefs de lochos s’asseinbleren t,landis que le soldat s’occupail ä cherchei
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des vivres. On se trouvait dans un grandembarras. D’un cöte etaient des monta-gnes excessivement elevees, de l’autreun fleuve si profond, qu’en le sondantavec les piques on n’en pouvait toucherle fono. Un Rhodien vient trouver lesgeneraux qui ne savaient quel partiprendre. « Je me charge de faire passerl’armee, dit-il, et de transporterquatremille hommesd’infanterie älafoisau-delä du Tigre, si vousvoulez me four-nir les materiaux donl j’ai besoin, etme prometlre un talent pour recom-pense. — De quoi avez-vous besoin?lui demanda-t-on. — 11 me faudra,dit-il, deux mille outres. Maisjevoisbeaucoup de moutons, de chevres, deboeufs, d’änes; en les ecorchant et ensoufflant leurs peaux, je vous procure-rai un moyen facile de passer. II mefaudra aussi les cordes et les sanglesdont vous vous servez aux equipagespour charger les betes de somme. Avecces liens, j ’altacherai les outres que j’au-rat clisposees les unes pres des autres;j’y suspendrai des pierres que je lais-serai tomber en guise d’ancres; puismettant a l’eau ce radeau, et le conte-nant des deux cötes par de forts liens,je jetterai dessus des lascines, et sur lesfascines de la terre. Yous allez voirquevous nc courrcz aucun risque d’enfon-cer; car chaque outre peut soutenir deuxhommes, ct les fascines recouverles deterre vous empecheront de glisser. »28. Les generaux ayant pretel’oreilleäcelte proposition, jugerent que l’inven-tion etait ingenieuse et rexecution ini-possible; car il y avait au-dela du fleuvebeaucoup de cavalerie qui aurait empe-che les premieres troupes, qui l’auraientessaye, de mettre pied ä terre, et quise serait opposee ä tout ce qu’on auraittenle. Le lendemain, les Grecs revinrentsur leurs pas vers Babylone; ils occupe-. tent des villages qui n’etaient pasbrü-
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