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Tome premier.
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•MRUTE DES DIX MILLE. — LIV. IV.

]es, comnie il ne restait plus aux Grecs 'que letemps necessaire pour passer denuit ia plaine, ils leverent leur camp, ets’&ant mis en marche des que I’ordreenfutdonne, ils arrivercnt au pied deJa montagne au point du jour. Chiriso-phe 6lait ä la töte de l’armee; il condui-sait sa section et avait avec lui toules lestroupes legeres. Xenophon n’en avaitpoint ä l’arriere-garde qu’il comman-dait: eile n’etait composee que d’infan-terie pesamment armee; car il ne pa-raissail pas ötre ä craindre que l’ennemichargeät la queue de la colonne pendantqu’on monterait. Ghirisophe gagna lesommet de la montagne avant qu’aucunennemi en eüt connaissance; il continuaä marcher en avant, et l’armee le sui-vailämesure qu’elleetait arriveesur lahauteur. On parvint ainsi ä des villagessitues dans des gorges et dans des fonds.

5. LesCarduques abandonnerent leursmaisons, et avec leurs femmes et leursenfans s’enfuirent sur les montagnes.On trouva des vivres en abondance. Lesmaisons ölaient garnies de beaucoupde vases d’airain; les Grecs n’en enle-verent aucun et ne poursuivirent pointles habitans. Ils voulaient, par ces me-nagemens, cngager, s’ils lepouvaient,les Carduques ä les laisser passer commeamis, d’autant que ces peuples etaienten guerrc avec le roi; mais on pril lesvivres qu’on trouva : la necessite y con-traignait. Les Carduques ne preterentpoint l’oreille aux Grecs qui les rappe-laient, et ne montrerent aucune dis-Position pacifique. L’arriere-garde nedescendit qu’ä la nuit dans les villages;car le chemin etait si elroit que l’ar-mee avait employe un jour enlier ämonier au sommet et ä descendre lerevers de la montagne. Quelques Car-duques s’etant rassembles, lomberenlsur les traineurs, en tuerent plusieurscn bltisserent d’autves avec les lle-

ches ei les pierres qu’ils lancaicnt. Heu-rcusement les Barbares etaient en petitnombre , parce que les Grecs etaiententres dans leurs pays sans qu’ils l’eus-sent prcvu ; car si les Carduques eus-sent ete rassembles en force, une grandepartie de l’armee eüt couru risque d’etrelaillec en pieces. On cantonna ainsicette nuit dans les villages. LesCardu-ques allumerent des feux tout auloursur les pointes des montagnes, et envue les uns des autres.

4. Au point du jour, les generaux etchefs de lochos s’assemblerent et reso-lurent de ne garder pour leur marcheque les beles de somme necessaires, dechoisir les meilleures, de laisser le reste,et de donner la liberte ä tous les pri-sonniers que l’armee avait faits recem-ment et condamnes ä l’esclavage; carla multitude des betes d’equipage etdes prisonniers rendait la marebe lenle.Beaucoup de Grecs etaient employes äy donner des ordres; c’ctait autant desoldats bors de Service : il fallait trou-ver et porter le double de vivres pourune teile quantite d’hommes. Ce ba*ayant ete agree par les generaux, lesherauts le publierent.

5. Apres diner, l’armee se mit e«marebe. Les generaux, s’arrctant ä undefile, öterent les equipages et les es-claves superflus aux Grecs qui n’avaientpas obei au ban. Tous se soumirent;quelques-uns seulement firent passeren fraude ou un jeune gargon ou unejolie maitressc. On marcha ainsi toutela journee, repoussant quelquefois l’en-nemi , et faisant halte de temps entemps. Le lendemain s’eleve un grandorago : il failut cependanl marcher,car il n’y avait plus assez de vivrespour l’amiec. Cbirisophe la conduisit:Xenophon marcha ä l’arriere-garde. Onfut assailli vigoureusemeut par l’en-nemi. Les passages etant etroits, les

i)3,