Band 
Tome premier.
Seite
516
JPEG-Download
 

516 XENOPHON.

Carduques s’approchaient et tiraientalors avec leurs arcs et leurs fron des.Les Grecs, contraints ä les poursuivreet ä se retirer ensuite eux-memes, nepouvaient avancer dans Icur marcheque lentement : souvent, lorsque lesennemis atlaquaient vivement, Xeno-phon demandait que l’armee fit halle.Chirisophe, des qu’il en etait instruit,avait coutume de s’arreter; niais il yeut une occasion oü il ne s’arreta pas,marclia au contraire plus vite, et com-manda qu’on suivit. Il etait clair qu’ilse passait quelquechoseä la töte; maisXenophon n’avait pas le loisir de s’yporter pour voir la cause de cette mar-che precipitee , et l’arriere-garde sui-vait d’un train qui lui donnait l’air defuir ä toutes janrbes. On perdit alorsGleonyme Lacedemonien , brave Sol-dat; il eut le flanc perce d’une flechequi traversa et son bouclier et sonhabil de peau. Basias d’Arcadie eutaussi la tele percee de part en part.Quand on fut arrive au lieu oü l’onvoulait camper, Xenophon alla sur-le-champ trouver Chirisophe, et lui re-procha de ne l’avoir pas attendu etde l’avoir mis dans le cas de fuir encombattant. « Il vient de perir deuxbraves Grecs, deux excellens soldals;nous n’avons pu ni les enlerrer ni en-lever leurs corps. » Chirisophe repondä ce discours : « Regardez ces mon-tagnes , dies sont partout inaccessi-bles. Nous n’avons, pour sortir d’ici,que ce chemin escarpe que vous voyez,et vous pouvez y remarquer une mul-tilude de Barbares qui l’ont occupeavant nous, et gardent le seul debou-che que nous ayons : voilä pourquoije me suis bäte et ne vous ai point at-tendu. Je voulais les prevenir, s’il etaitpossible, et les empeclier de s’empareravant nous des hauleurs. Les guidesque nous avons assurent qu'il n’y a

point d’autre chemin. — J’ai, dit Xj.noplion, deux prisonniers que je viensde faire; car dans l’embarras oü mejetaient les Barbares, je leur ai tenduune embuscade, ce qui nous a donnfile loisir de respirer un moment. Nousavons lue quelques ennemis. Je vou-lais aussi en prendre pour avoir desgens qui connussent le pays et quinous servissent de guides. »

6. On fit amener sur-le-champ cesdeux hommes, et les ayant separes, ontächa de leur faire dire s’ils connais-saient un autre chemin que celui qu’onvoyait. Le premier, quelque elfroi qu’onlui inspiiät, dit qu’il n’en savait pointd’autre; comme on ne put en rien tirerqui füt utile »Tarmee, on l’egorgeaaux yeux du second. Celui-ci reponditque son camarade n’avait refuse d’in-diquer une autre route, quoiqu’il yen eüt une, que parce qu’il avait versce canton une fille mariee. Il promit deconduire les Grecs par un chemin pra-ticable, meine aux chevaux d’equipa-ges. On lui demanda s’il ne s’y trou-vait point de pas diflicile. Il reponditqu’il y avait une hauleur qui rendraitle passage de rarmöe impossible si l’onne s’en emparait avant les ennemis. Onfut d’avis d’assembler aussitöt les chefsde lochos , les armes ä la legere, etquelques hopliles , de leur exposer dequoi il s’agissait, de leur demanders’il y en avait qui voulussent se dis-tinguer et y mareher comme volontai-res. Il se presenta d’abord parmi leshopliles deux Arcadiens, Aristonymede Möthydrie, et Agasias de Stymphale.Une noble conteStation s’eleva entre cedernier et Callimaque de I’arrhasie,Arcadien aussi. Agasias dit qu’il vou-lait ötre de ce coup de main, et pro-posa d’y mener des volontaires quilprendrait dans loute l’armee. « Car jesuis sür, dii-il P que beaucoup de jeu-