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Tome premier.
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RETBAITE DES DIXnes soldats me suivront si je les y con-duis. » On demande alors s’il esi quel-que homme des troupes legbres ouquelque taxiarque qui veuille etre dudetachement. Aristeas de Chios s’y en-gage. II rendil, dans plusieurs occa-sions de ce genre, des Services impor-lans ä l’armöe. m

7. Lejour lombait. On fait mangerles volontaires, puis on leur commandede partir. On leur livre le guide lie.On convient avec eux que s’ils s’empa-rent du sommet de la montagne , ilss’y maintiendront toute la nuil; qu’äla poinle du jour, ils feront pour Si-gnal sonner leur tiompetie; qu’ensuiieils descendront de ce posle eleve surles ennemis qui gardent le grand che-min, et que l’annee avancera ä leursecours le plus legerement qu’ellepourra. Cet arrangement pris, les vo-lonlaires se mettent en manche , aunombrededeux mille environ. II pleu-vait beaucoup. Pour couvrir leurs mou-vemens, et tourner toute rattention desennemis sur le grand chemin qu’onvoyait, Xenopbon s’y porte avec lestroupes de l’arriere-garde. On arrive äun ravin qu’il fallait passer avant degravir sur la montagne; alors les Bar-bares roulent de grosses et de petitespierres: il y en avait de rondes et detelles qu’elles auraient fait la cliargedune voilure. Ces pierres en rebon-dissaut sur les rochers se fendaient eneclais, et acqueraient la rapidile decelles qu’on lance avec la fronde : ildtait absolument impossible d’appro-cher du chemin. Quelques-uns deschefs de lochos faisaient semblant dechercher des sentiers moins impratica-bles. On continua cetle manoeuvre jus-q u ä ce que la nuit fht noire. Quandon crut pouvoir se retircr sans que lesennemis le vissent, l’armee rcvint sou-i cai ' ceux (}es soldajs qui ayaient

MILLE. — Liv. IV.

eie le matin d’arriüre-garde, n’avaienLpas möme dine. Les ennemis ne ces-serent pendant la nuit de rouler desmorceaux de rocher : on le conjecturad’apres le bruil qu’on entendit. Lesvolontaires, qui avaient le guide aveceux, ayant pris un detour, surprennentune grand’garde de l’ennemi assise au-pres d’un feu qu’elle avait allume; ilsen tuent une partie, poursuivent lesaulres jusqu’ä des precipices, et restentdans ce poste croyant ctre les maitresdu sommet de la montagne. 11s se trom-paient, et elaient domines par un autremamelon , pres duquel passait le che-min etroit qu’ils suivaient et qu’ilsavaient Irouve garde par l’ennemi. Maisdu poste qu’ils avaient force, on pou-vait marcher au gros des Carduquesqui barraient la grande route ä la vuedes Grecs. Les volontaires se tinrent oüils elaient et y passerent la nuit.

8. Des que le jour commentja ä poin-dre, ils marcherent en ordre et en si-lence ä l’ennemi; et, comme il faisaitdu brouillard, ils s’en approcherentsans etre vus. Quand on s’apenjut enfinreciproquement, la trompette donna lesignal, et les Grecs ayant jele des crismilitaires, coururenl sur les Barbares.Geux-ci ne les attendirent pas, mais pri-rent la fuile etabandonnerent la defensedu chemin : on en tua peu, car ilsetaient agiles ä la course. Chirisophe etses troupes, entendant le son de la trom-pelte, marcherent aussitöt par la granderoute. D’autres generaux suivirent lessentiers qu’ils trouverent , et rnonte-rent comme ils purent, les Grecs setirant en haut les uns les autres avecleurs piques. Ce furent ceux-lä qui joi-gnirent les premiers les volontaires quiavaient deposte l’ennemi. Xenopbon ,avec la moitie de l’arriere-garde, pritle meine chemin que le guide avait in-diqu6 aux volontaires, car ii etait plus