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Tome premier.
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RETRAITE DES D1X

se retirerent sous un seul bouclier; lesaulres soldais rejoignirent le gros detroupes grecques qui etait forme plusloin.

10. Toule I’armee grecque se trouvantalors reunie, canlonna dans beaucoupde belles maisons oü foisonnaient lesvivres. Il y avait une teile abondancede vin, qu’on le gardait dans des ci-ternes cimentees. Xenophon et Cliiii-sophe convinrent avec les Carduquesde leur rendre leur compatriote quiservait de guide, et les Carduques ren-dirent les morts : ces cadavres regu-rent autant qu’il fut possibleaux Grecs,tous les honneurs dus aux mänes degens courageux. Le lcndemain on mar-dia sans guide. Les cnncmis toujourscombattant, toujours s’emparant d’a-vance des defiles, barraient le passagede l’armee. S’ils arretaient l’avant-garde, Xenophon, de la queue de lacolonne oü il etait , gravissail sur lamontagne , et tächant de gagner ledessus de l’ennemi, dissipait l’obsia-cle. Chirisophe rendait le meme ser-vice ä l’arriere-garde lorsqu’elle etaitattaquec, et avec les troupes de la lete,en parvenant a domincr l’ennemi, ilouvrait un passage ä la queue. 11s seporlaicnt secours ainsi mutuellement,et dans loutes leurs manceuvres veil-bient ä la sürete reciproque de leursdivisions. Quelquefois les Barbares in-quictaieni ä la dcscente les troupes quiavaient montd; car ils etaient si agiles,qu’on ne pouvait les joindre , quoi-qu’ils ne prissent la fuite qu’ä quel-ques pas des Grecs. Ils ne portaientden que leurs arcs et leurs frondes,ct ils etaient d’excelletis archers; leursarcs etaient ä peu pves de trois cou-dfes, et leurs fleches en avaient plusde deux; ils les decochaient en avau-Cant 1c pied gauclic et tirant a eux lacorde vevs le bas de l’arc. Leurs fle-

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dies traversaient les boucliers et lescuirasses. Quand les Grecs en ramas-saient, ils y atlachaient des courroiesel s’cn servaient en guise de javelots. .Dans tout ce pays montueux, les Cre-tois rendirent les plus grands Services;ils etaient commandes par Stratoclesde Crele.

11. Cejour meme, l’armeecantonnadans les villages qui dominent la plainearrosec par le Centrite, fleuve larged’environ deux plethres, et qui separel’Armenie du pays des Carduques. LesGrecs s’y repeserent. Le fleuve est eloi-gne de six ou sept stades des montagnesdes Carduques. Les vivres qu’on trou-vait et le Souvenir des fatigues passeesrendaient ce sejour agreable aux Grecs;car pendant les sept jours qu’ils avaientemployes a traverser le pays des Car-duques, ils avaient eu sans cesse lesarmes ä la main, et avaient plus souf-fert de maux que toule la puissance duroi et la perfidie de Tissapherne n’a-vaient pu leur en faire. Delivres de leursennemis, ou du moins croyant l’etre,ils goüterent avec delices les douceursdu sommeil. Quand le jour parut, ilsapergurent au-delä du Centrite de lacavalerie armee de pied en cap, qui sedisposait a leur en dispuler le passage,et plus haut de l’infanterie rangee enbalaille pour les empecher de penetreren Armenie. C’elaient des Armeniens,des Mygdoniens et des Chaldeens mer-cenaires ä la solde d’Orontas et d’Ar-luque. Les Chaldeens etaient, disait-on , un peuple libre et courageux ; ilsportaient pour armes de grands bou-cliers a la perse et des piques. Les hau-leurs sur lesquelles ils s’etaient formesetaient eloignees du fleuve de trois ouqualre plethres. On ne voyait qu’unseul cheinin qui y monlät, et il parais-sail fait de main d’hofnme. Ce fut vis-ä-vis de ce debouche que les Grecs len-