x£nophon.
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terent de passcr; mais ayant eprouvequ’ils auraient de l’eau au-dessus del’aisselle, que le courant etait rapide etJe fond du lit garni de grandes pierres'glissantes; qu’on ne pouvait porter lesarmes dans l’cau; qu’en elevant leursbras pour ne point mouiller leurs armesle courant les emporterait eux-memcs;qu’en les mettant sur leurs tctcs c’elaits’exposer nus aux fleches et aux aut restrails de l’ennemi; apres avoir fait,dis-je, cette epreuve, ils se retirerentet marquerent en cet endroit meme leurcamp sur les bords du fleuve.
12. Alorsausommet de la monlagne,oü l’armee grecque avait cantonne lanuit precedente, on apenpit un grandnombre de Carduques rassembles et cnarmes. Les Grees sc decourageaient enconsiderant la difficuhe de traverser lefleuve, en voyant sur la live ulterieuredes troupes s’opposer ä leur passage,ct derriere eux les Carduques qui nemanqueraicnt pas de les prendre ä dosau moment oü ils passeraient. On de-meura donc oü l’on se trouvail ce jour-la et la nuit suivante, ct l’on etait dansun grand cmbarras. Xenophon cut unsonge; il rcva que ses pieds elaientcharges de fers qui se rompirent d’eux-memes tout-ä-cou[i, le laisserent libre,et lui permirent de marcher taut qu’illui plut. A la pointe du jour il va trou-ver Chirisopbc, lui dit qu’il a l’espoirde tirer l’armee lieureusemcnt d’allaire,et lui raconte ce qu’il a vu en songe.Chirisopbc s’en rejouit, ct lous les ge-neraux qui se trouvcrenl presens se lia-terent de sacrifier cn aitcndanl le jour.Des la premiere victime, les enlraillesdonnerent des signes favorables ; deretour du sacrifice, les generaux ct lescenlurions firenl dire a l’armec de man-ger. Pendant que Xenophon dinait,deux jeunes Grecs accoururenl ä lui;car tont le nionde savail qu’il etait per-
mis de l’aborder pendant ses repas, etde le reveiller meme lorsqu’il dormaitpour lui parier de ce qui concernait laguerre. Ces jeunes gens lui direnl qu’enramassant des broussailles seches pourfaire du feu, ils avaient vu au-delä duCenlrite, enlre des rochers qui descen-daient jusqu’ä son lit, un vieillard, safemme et de jeunes filles deposer, dansune caverne qui lormait le roc, desespeces de sacs qui paraissaient conte-nir des habits ; qu’ils avaient cru pou-voir y passer en sürete, parce que lesol ne permettait pas ä la cavalerie en-nemie d’en approcher; qu’ils avaientdepouille leurs vetemens, et, n’ayantqu’un poignard nu a la main, s elaientjeles dans le fleuve comme pour nager,mais qu’ils l’avaicnt traverse sans avoirde l’eau jusqu’a la ceinture; qu’ilsavaient pris les habits Caches par lesArmeniens, et elaient revenus.
Io. Aussitöt Xenophon fit lui-memedes libalions; il ordonna qu’on versätdu vin ä ces jeunes gens pour qu’ils enfissent aussi, et conjurassent les dieuxqui lui avaient envoye le songe et faitconnailre un gue, de conlirmer, pardes succes, de si heureux presages.Apres cet acte de religion, il les menaaussitöt ä Chirisophe : ils lui repeterentle möme recit. Chirisophe, quand ilcut entendu leur rapport, fit ä son tourdes libalions ; puis ayant donne ordrea toule l’armee de plier ses equipages,on asscmbla les aulres ■ generaux, etl’on delibera sur les meilleures dispo-silions ä faire pour jiasser le fleuve sansperle, repousser les ennemis qui elaientsur l’autre rive, et n’etre point entamespar ceux qu’on laissait derriere soi. Ondecida que Chirisophe marcherait ä latöte, et traverscrait le Cenlrite, suivide la moitie de l’armee; que Xenophonresterait cn-de<;ä avec l’autre moitie; e!que les eejuipages et les esclaves pas-