RETRAITE DES DTX MILLE. — LTV. IV.
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seraient le gue entre ces deux corps.Apres avoir bien arrßte ce projet, onsemit en marclie. Les jeunes gens Ser-bien! de guides; l’armee longeait lefleuve et l’avait ä sa gauche : eile fitainsi ä peu pres quatre stades pour arri-ver au gue.
14. Pendant la marche, la cavalerieennemie se portait toujours ä la hauleurdes Grecs sur la rive opposee. Quandon fut vis-ä-vis du gue, on posa lesarmes ä terre, en ordre, sur le bord dufleuve. Puis Cbirisophe, le premier, latöte ce inte d’une couronne, quitta seshabils, reprit ses armes, et donna ordreaux troupes d’en faire autant. II ditaux chefs de former l’armöe en colonnespar lochos, et de marcher ä la mömehauleur, les uns ä sa droite, les autrcsä sa gauche. Les sacrificateurs immo-lerent des victimes sur le bord du fleuve.Les ennemis se servirent en vain deleurs arcs et de leurs frondes, les Grecsetaient hors de portee. Quand les en-trailles eurent ete jugees favorables,toute l’armee cbanta le pean et poussades cris de guerrc. Toules les femmesy joignirent leurs voix; car beaucoupde Grecs avaienl des mailresses ä leursuite.
15. Chirisoplie entra dans le lit dufleuve, et sa division le suivit. Xeno-phon, avec les soldats les plus agiles de1 arriere-garde, courut de toute sa forceau passage qui etait vis-ä-vis I’entrde desmontages d’Armenie; il feignit d’y vou-loir traverser le fleuve pour envelopperla cavalerie qui en avait longe les bords.Quand les ennemis virent que le corpsde Chirisophe passait le gue avec faci-Idd, et que le detachemenl de Xeno-phon courait sur leurs derrieres, ilscraignirent d’etre eoupes, et fuirent äloutes jambes jusqu’au premier pas-®8 e > P u is ayant gagne le chemin qui6 enfon^ait dans les montagnes d’Ar-
menie , ils le suivirent. Lycius, quicommandait le petit escadron des Grecs,et Eschine, qui avait ä ses ordres lesarmes ä la legere de la division de Chi-risophe , voyant leur deroute, se mirentä leur poursuite. L’infanterie pesanteles y exhortail, et leur criait qu’on lessoutiendrait, et qu’elle gravirait aveceux sur la montagne. Chirisophe, apresavoir passe, ne s’amusa pas ä courirapres la cavalerie; mais en sorlant dufleuve, il marcha droit ä l’infanteriequi etait poslee sur les collines voi-sines : ce corps voyant sa cavalerie enfuite, et les hopliles grecs s’avancer pourle charger, abandonna les hauteurs quidominaient le fleuve.
16. Xenophon, quand il eut remarquGque lout allait bien sur l’autre rive, re-vint au plus vite au gue que passait Far-mee; car on voyait dejä les Carduquesdescendre dans la plaine pour tombersur les dernieres troupes qui traverse-raient. Chirisophe etait alors mailre deshauteurs. Lycius, et d’autres Grecs, enpetit nombre, prirent, cn pioursuivantFennemi, ce qui etait reste en arrieredesesbagages, et il s’y trouva des habitsmagnifiques et des vases ä boire pre-cieux. Les equipages de l’armee grecqueet les esclaves passaient encore; Xeno-phon fit face aux Carduques et tournales armes contre eux; il ordonna auxcliefs de former leurs lochos en colonnespar enomolies, puis de faire appuyer lesenomoties sur celle de la gauche, jus-qu’ä ce que les boucliers se louchassentet qu’on presentät une ligne pleine äFennemi, le tout en ordre renverse; ensorte que les chefs de lochos et les eno-motarques se trouvassent du cöle desCarduques, et les serre-files du cöte dufleuve.
17. Les Carduques, des qu’ils virentque les equipages 6taient passes, et qu’ilne restait que peu de troupes de l’arriere-