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Tome premier.
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XENOPHON.

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garde, qui paraissaient denuees de se-cours, s’avancerent contre elles au plusvite, chantant quelques hymnes bai-bares. Chirisophe, de son cöte, sc trou-vant ensürete, renvoie ä Xenophon lesarmesäla legere, les frondeurs, les ar-chers, et leur prescrit de faire ce quecegeneral ordonnera. Xenophon, qui lesvoit descendre et venir ä lui, leur faitdire, par un aide-de-camp, de se tenirsur le bord de la rivierc sans la passer,et Jorsqu’il commencerait ä entrer dansl’eau, de s’y jeter eux-memes en deliorsde la ligne et sur les deux flancs, commes’ils voulaient repasscr le fleuvc et char-ger les Carduques, lenant leurs javelolspreis äelre lances, et les archers avantla fleche sur leur arc; de menacer ainsi,mais de ne pas s’engager fort avant dansle tlcuve. II prescrit ä son arriere-gardede courir sur l’ennemi, apres avoirchanle le peari, des que les pierrcs, lan-cet-S par les frondes, parviendront jus-qu’ä eux, retentiront sur leurs bou-cliers. II ajoutequ’aussilöt qu’ilsaurontmis les Barbares en fuite, et que, desbords du fleuve, Ja trompeile sonnerala Charge, ils aient ä faire demi-louret ä courir de toules leurs forces, lesserrc-fdes en tele de la ligne; qu’ilspassent ensuite legue, cliaque divisionmarchant droit devant eile pour ne points’embarrasser les uns les aulres. « Quela honte de fuir ne vous retienne point,dit-il: on regardera comme le meilleurSoldat celui qui arrivera le premier surla live opposee. »

18. Les Carduques virenl donc qu’ilrestail peu de troupes; car beaucoup dessoldats qui devaient faire l’arriere-gardel’avaienl quillee, les uns pourprendresoin de leurs betes de somme, les autrespour veiIler sur les csclaves qui por-taient leurs bagages, plusieurs pouraller joindre leurs maitresses. Les Bar-bares alors mat'cherent hardiment aux

Grecs, et, avec leurs arcs et leursfrondes, commencerent ä faire des d&-charges. Les Grecs ayant chante l’hymnedu combat, coururent sur eux. Les Car-duques ne les aftendirent pas; car ilselaient armds comme dans leurs mon-tagnes, de fa^on ä charger et ä fuir ra-pidement , mais desavantageusementpour combatlre de pied-ferme. Alorsla trompetle donne le signal. A cebruit militaire, l’ennemi fait encoreplus vite; les Grecs font demi-lour,et fuyant de leur cöteä toutes janibes,traversent le fleuve. Quelques Car-duques s'en apercevant, revinrent encourant vers le fleuve, et tirerent desfleches, dont peu de Grecs furent blcs-ses. Mais on voyail encore fuir la plusgrande partie des Barbares quand lesGrecs furent parvenus ä l’autre live.Les troupes que Chirisophe avait en-voyees au secours, emportees par leurcouragc, et s’etant avancees plus qu’ilne convenait, repasserent le fleuve aprescelles de Xenophon, et il y eut aussiparmi dies quelques Grecs de blesses.

19. Vers midi, l’arniee ayant achevede passer, marcha rangee en hatailledans la plained’Armenie, et ä travers descollines douces et peu elevees. Elle nefit pas moins de cinq parasanges, car iln’y avait pas de villages pres du fleuve,ä cause de la guerre continuelle quesefaisaient les Perses et les Carduques:celui oü l’on arriva etait grand; il yavait un palais pour le salrape, et lapiupart des maisonsetaienl surmonteesde lours. On y trouva des vivres enabondance; on fit ensuite en deux mar-ches dix parasanges, et on parvint ädepasser les sources du Tigre; puis entrois marches de quinze parasanges, onarriva aux bords du Teleboas. Cenestpas un grand fleuve, mais l’eau en estbelle : sur ses rives elaient beaucoup devillages. La partie de l’Armenie oü 1 OB