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Tome premier.
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RETRAITE DES DIX MILLE. — LIV. IY.

se trouvait alors sc nommait l’ArmenicOccidcntale. Teribaze en etait comman-dant; c’etait un favori d’Arlaxerxes, etlorsqu’il se trouvait ä la cour, nul au IrePersc que lui n’aidait le roi ä monier ächeval. II s’approcha del’armee, suivi |dequelque ca Valerie, et envoya en avant jun interprcte annoncer aux cliefs qu’il |voulait confercr avec eux. Les generauxjugerent ä propos d’ecouter ce qu’ilavaitä leur dire, et, s’etant avances jus-qu’ä portee d’ötre entendus de lui, luidemanderent ce qu’il voulait. 11 repon-dil qu’il s’cngagerait par un traite äne faire aucun mal aux Grccs, pourvuqu’ils ne brülassent point de maisonsdansson gouvevnement, et qu’ils se con-tentassent de prendrc les vivres dont ilsauraient besoin. Les generaux agreerentcelte proposition, et on fit alliance ä cesconditions.

20. De lä on traversa une plaine et l’onfit quinze parasangcs en trois marches.Teribazeet son armeecötoyaientcelle desGrecs ä dix stades environ de distance.Onarriva ä un palais entoure d’un grandnombre de villages qui regorgeaient devivres. L’armee avant campe, il tombapendant la nuit beaucoup de neige. Lematin on arreta de cantonner les divi-sions et les generaux dans differens vil-lages; car on ne voyail d’ennemis nullepart, et la grande quantite de neigesemblait ne laisser rien ä craindre. Ony trouva loute sorte de vivres excellens,desbestiaux, du bld, du vin vieux etd’un parfum exquis, du raisin sec et deslegumes de toule espece. Quelques Grecss’etant ecartes de leur cantonnement,dirent qu’ils avaient vu un camp etapeiyu pendant la nuit beaucoup defeux. Les generaux jugerent qu’il n’e-tait pas sür de cantonner dans des vil-lages separes, et qu’il fallail rassembler1 armee; on la rassembla donc encoreune fois, et l’on resolut de la tenir au bi-

vouac. Pendant la nuit qu’elley passa, iltomba une quantite excessive de neige;eile couvrit les armes et les hommesqui etaient couches, et roidit möme lesjambes des cbevaux de bat. Ilommes,betes, tout etait engourdi : rien ne serelevait. C’etait un spectacle digne decompassion de voir loul couche et toutcouvert de neige. Xenophon eut le pre-mier le courage de se lever nu et defendre du bois; un autre Grec bientötl’imita, lui prit des büches et se mit äen fendre aussi. Alors tous les soldatsse releverent, firent du feu, et commen-cerent ä se frotter de matieres grassesqu’ils trouverent en abondance dans cece pays, et qui leur tinrent lieu d’huiled’olive, comme de saindoux, d’huilestirees du sesame, d’amandes ameresetdes fruits du lerebinthe : on y trouvaaussi des essences faites des niemessubstances.

24. On resolut ensuite de renvoyerl’armee dans ses cantonnemens pourqu’elle füt ä couvert. Les soldats cou-rurcnt avec transport, et en jetant degrands cris de joie, retrouver un abriet des vivres. Tous ceux qui, en quit-tant leurs habitations, les avaient brü-lees, en repurent la pcine; car ils fu-rent mal loges et presqu’au bivouac.On detacha pendant la nuit Democratede Temeuiutn avec quelques hommessur les montagnes oü les soldats, quis’elaient ecartes, disaient avoir vu desfeux. Ce Grec passait pour avoir faitjusque lä des rapports tres-fideles äi’armöe , avoir conslate la realite desfaits veritables, et demontre cbimeri-ques ceux qui n’existaient pas. Il dit äI son tour qu’il n’avait point vu de feux;mais il ramena un Iiomme qu’il avaitarrete, qui portait un arc semblable äceux des Perses, un carquois et unehache teile qu’en ont les Amazones.On demanda au prisonnier de quel