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Tome premier.
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XÄNOPHON.

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pays il etait. « Je suis Perse, repondit-il, et envoye de l’armee de Teribazepour y faire porter des vivres. » Ons’informa de lui quelle etait la forcede cette armee, et pourquoi on l’avaitassemblee. II dit que Teribaze avaittoules les troupes de sa province, et deplus des Chalybes et des Taoques mer-cenaires; il ajouta que ce general avaitfait ces preparatifs pour altaquer lesGrecs sur le sommet de la montagneä un defilequi etait leseul chemin paroü ils pussent passer.

22. P’apres ce rapport, les generauxfurent d’avisde rasscmbler l’armee, etaussitöt, ayant laisse une garde com-mandee par Sopbenete de Stymphale,ils marcherent et prirent le prisonnierpour guide. Quand on fut au haut desmontagnes, les armes ä la legere s’e-tanl avances et ayant aperqu le campde Teribaze, n’allendirent pas l’infan-terie pesante , mais jelerent de grandscris et coururent sur l’ennemi. LesBarbares, effrayes de ce bruit, prirentla fuite avant d’etre charges par lesGrecs; on leur tua cependant quelquesbommes; on prit environ vingt che-vaux et la tente de Teribaze, oü etaientdes lits ä pieds d’argent, des vasesdestines aux feslins et des esclaves quise disaienl boulangers et echansons dece Perse. Les generaux grecs qui me-naient l’infanterie pesante, apprenantce qui s’etait passe, resolurent de re-venir au plus vite au camp d’oü ilsEtaient partis, depeurque la garde qu’ilsy avaient laissee ne füt atlaquee enleur absence; ils firent aussitöt sonnerl’appel, se retirerent, et dans le memejour furent de retour au camp.

23. On jugea ä propos, des le lende-main, de se metlre en marche et defaire la plusgrande diligence avant quel’ennemi se ralliät et occupät les defi'es;on plia. sur-le-champ les equipages, et

l’armee qui etait conduite par beaucoupdeguides, ayant marche ä travers laneige epaisse dont le pays etait cou-vert ,”arriva le meme jour au-delä dusommet des montagnes, oü Teribazedevait altaquer les Grecs, et y campa.De lä on fit trois marches dans le de-sei t le long de l’Euphrate, qu’on passaayant del’eau jusqu’au nombril.Ondi-sait que la source de ce fleuve n’etait paseloignee; puis on fit quinze parasangesen trois jours dans une plaine couvertede beaucoup de neige. La troisieraejournee fut dure pour le soldat : unvent du nord impetueux qui lui souf-flait au visage le brülait et le glafaitjusqu’aux os. Un des devins fut d’avisde sacrifier au vent; on lui immolades victimes, et la violence avec la-quelle il soufflait parut evidemmentcesser aussitöt. L’epaisseur de la neigeetait d’une orgye : beaucoup de betesde somme, d’esclaves, et environtrente soldats y perirent. On passa lanuit autour de grands feux, car il yavait beaucoup de bois sur le lieu oüon s’arreta ; mais les derniers arrivesn’en trouverent plus. Les premiers quiavaient allume les feux ne permetlaienta ceux-ci de s’en approcher qu’apress’elre fait donner par eux du fromentou quelque autre chose a manger. Onse fit pari les uns aux autres des pro-visions qu’on avait; oü l’on allumaitdu feu, la neige se fondait, et il sefaisait de grands trous : c’etait lä qu’onpouvait mesurer la hauteur de la neige.

24. On marcha tout le jour suivantdans la neige, et beaucoup de Grecsetaient malades de besoin. Xenophon,qui etait ä l’arriere-garde, en ayanttrouve plusieurs qui ne pouvaient sesouienir, neconcevait pas quel etait leur

mal .Un bommequi en avait l’experience

lui apprit que cet accident etait certai-qement cause pav la fa*m, et que s’i!$