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Tome premier.
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RETRAITE DES DIX MIDIE. — LIV. IV.

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avaient ä manger, ils seraient bientötdebout. Xenophon alla aux equipagesetdonna lui-meme ä ces malheureux,ou leur fit porter par des soldats agilesä la course, tout ce qu’on trouva devin et de vivres; des qu’ils avaientmange quelque chose, ils se levaientet continuaient leur route. Chirisophequi etait ä leur leie arriva ä la nuittombante a un village, et rencontracn avant des murs, pres d’une fon-taine, des femmes et des filles du lieuquiportaient de l’eau. Elles demande-rent aux Grecs qui ils etaient; l’inter-piete leur repondit en langue, perseque c’etaient des troupes qu’Artaxerxesenvoyait au satrape. Elles repliquerentqu’on ne Irouverait pas le satrape dansce village , mais qu’il n’etait qu’ä unparasange de lä. Comme il etait tard,les Grecs entrerenl dans les murs ä lasuite de ces femmes, et allerem chezcelui qui avait la principale autoritödu lieu. Chirisophe fit loger tout cequi avait pusuivre de l'armee; le restedes soldats, auxquels il avait eie impos-sible d’arriver, passa la nuit sans feuet sans nourriture, et il y en eut quipeiirent. Quelques ennemis s’etaientreunis et poursuivaient les Grecs : cesBarbares prenaient les equipages quirestaient forcement arrieres, puis se bat-taient les uns contre les aulres pour lepartage du butin. On laissa en arriereaussi les soldats que la neige avaitaveugles, ou ä qui le froid excessifavait faitgeler des doigts despieds. Lemoyen de preserver ses yeux de l’eclatdela neige etait de metlredevant quel-que chose de noir quand on marchait,et l’on empechait ses pieds de geler enles remuant, ne prenant pas de reposet se dechaussant avant de se coucher.horsqu’on s’endormait chausse, lescourroies entraient dans Je pied, et lachaussure se durcissait et s’y attachait

engelant; car les vieux souliers desGrecs s’etaient uses, et ils s’etaientfait faire des especes de sandales avecdu cuir de boeufs recemment ecorches.Toutes ces raisons furent cause qu’il yeut quelques traineurs. Ils apergurentun lieu qui paraissait noir, parce qu’iln’y avait plus de neige, et ils jugerentqu’elle s’y etait fondue. Ilsnesetrom-paient pas : c’elait l’effet d’une sourcevoisine au-dessus de laquelle une sortede brouillard s’elevait dans le vallon.Ils se detournerent du chemin pourgagner cette place , s’y assirent et de-clarerent qu’ils ne marcheraient plus.Xenophon, des qu’il en fut instruit äl’arriere-garde qu’il commandait, yalla, les supplia , les conjura de tou-tes manieres de ne pas rester en arriere,leur disant qu’un gros corps d’ennemissuivait les Grecs. Il finit par se fächeraussi inutilement; les traineurs luirepondirent qu’il n’avait qu’ä les egor-ger s’il voulait, mais qu’ils ne pou-vaient faire un pas. On jugea que lemeilleur parti ä prendre etait d’inspi-rer, s’il etait possible, une teile ter-reur aux ennemis, qu’ils ne revinssentpas attaquer ces infortunes. Il faisaitune nuit tres-noire; les Barbares s’a-vangaient avec un grand bruit, et sedisputaient entre eux ce qu’ils avaientpille. L’arriere-garde, qui etait enbonetat, s’etant relevee, courut sur eux.Les traineurs jeterent les plus grandscris qu’ils purent, et frapperent de leurspiques sur leurs boucliers. Les ennemiseffrayes fuirent ä travers la neige aufond du vallon, et on ne les entenditplus.

25. Xenophon eiles troupes qu’il com*mandait promirent aux traineurs qu’illeur viendrait le lendemain dusecours,puis continuerent leur marche. Ils n’a-vaient pas fait quatre stades qu’ils trou-vent la colonne se reposantsur la neige