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Tome premier.
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»98 XfcNOPHON,

descendre en plaine, on apergut lesChalybes, les Taoques et les Phasiensqui attendaient l’armee grecque. Chiri-sophe, les voyant dans celle position,fit faire halte ä la tete, ä trente stadesd’eux ä peu pres; car il ne voulaitpas s’en approcher en ordre de marche.II ordonna aux aut res chefs de faireavancer les sections, et de les mettre enbataille ä mesure qu’ellcs joindraient,de fagon que l’armee füt rangee surune ligne pleine. Quand l’arriere-gardememe se fut formee, il assembla lesgeneraux et les chefs de lochos, et leurdit:

31. « Les ennemis, comme vous levoyez, occupent le sommet de la montagne; il est temps d’agiter quelles dis-posilions on doit faire pour combattreavec succes. Je suis d’avis d’envoyer lesoldat diner, et de deliberer nous-memessi c’est aujourd’hui ou demain qu’il con-vient de passer la montagne. Pour moi,dit Cleanor, je pense qu’il faut dinerau plus vite, courir aux armes aussitötet marcher ä l’ennemi; car il nous voit.Si nous differons au lendemain, nouslui inspirerons plus d’audace, et desque cette troupe s’enhardira, probable-ment d’autres Barbares viendront s’yjoindre, et leur nombre augmentera ävue d’oeil. »

52. Xenophon dit ensuite : « Voicimon opinion. S’il est necessaire d’es-suyer un combat, il faut se preparer äaltaquer vigoureuscment; mais si nousvoulons seulement saisir le moyen leplus facile de passer la montagne, il nefaut songer, ce me semble, qu’ä fairetuer et blesser le moins de Grecs qu’ilsera possible. La partie de ces monls quenous voyons s’elend ä plus de soixantestades, et il ne parait de troupes en-nemies, qui nous observenl, que surce chemin; il vaudrait beaucoup mieuxtächer de dörobcr ä l’cimemi notre

marche, et de le prevenirennouspor*tant dans la partie oü il ne veille pas,que d’attaquer un poste fortifie par lanalure, et des hommes prepares ä sebien defendre. On gravit plus aisementsur un mont escarpe, quand on n’apoint d’ennemisä combattre, qu’onnemarche, quand on en est entoure, dansla plaine la plus unie; on voit mieuxoü l’on pose le pied la nuit, quand onn’a rien ä craindre, que le jourenseballant, et l’on se fatigue moins äfou-ler un terrain pierreux, lorsqu’on estsans inquietude, qu’ä marcher sur leduvet lorsqu’on craint sans cesse poursa tüte. Il ne me parait pas impossiblede nous derober ä nos ennemis. Quinous empeche de partir de nuit, et ilsne pourront nous voir; de prendre unlong dötour, et ils auront peine ä en etreinformfo? Je voudrais que, par nos dis-positions et par nos manoeuvres, nousfeignissions de vouloir suivre le che-min qu’ils nous barrent, et en forcerle passage. Ces Barbares y feront resterd’aulant plus de troupes, et nous irou-verons le reste de la montagne d’au-tant plus degarni de defenseurs. Maisil ne me sied pas, Chirisophe, de par-ier de feintes et de fraudes devant unLacedemonien; vous avez tous, tant quevous etes d’hommes considerables danscet etat, la reputation d’avoir ete for-mes des votre enfance au larcin. Lesfdouteries, que la loi de Sparte ne pi>hibe pas, au lieu d’ßtre deshonorantes,sont pour vous une occupation, et memsun devoir dont vous ne pouvez vousdispenser; pour vous mieux instruireä commettre un vol et ä vous en ca-cher, la peine du fouet est prononcß*contre ceux qui sont pris sur le fad*Voici le moment de nous monlrer lesfruits de l’education que vous avez re-gue. Prenez garde que pendant que nouscherchetons ä derober notre marche a