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Tome premier.
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XfeNOPHON.

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35. On marcha ensuile contre lesTaoques, el l’on fit,en cinq marches,trenle parasanges. L’armee manqua devivres; car les Taoques habitaient desplaces fortifiees oü ils avaient transportelout ce qui servait ä leur subsistance.Enßn l’armee arriva ä un lieu oü il n’yavait ni villes, ni maisons, mais oübeaucoup d’hommes et de femmes s’c-taient refugies avec leurs bestiaux: Chi-risophe le fit attaquer aussitöt. Quandla premiere division eut öle repoussee,une seconde y marcha, puis une autre,etainsi de suite; car ce poste n’etait pasaccessible de tous cötes, ni ä beaucoupde troupes ä la fois; mais presque toulautour regnait un escarpement ä pic.Xenophon ötant arrive avec l’infanteriepesante et les armes ä la legere de l’ar-riere-garde, Chirisophe lui dit : « Vousvenez ä propos; il faul forcer ce poste,car si nous n’y reussissons pas, l’armeemeurl de faim. »

36. Ils delibererent alors ensemble,et Xenophon demandant ce qui empe-chaitqu’on ne peneträt dans ce poste :« Il n’y a d’auire acces, repondit Chiri-sophe, que celui que vous voyez; desqu’on s’y presente et qu’on tente demonter, les Barbares font rouler despierres du haut de ce rocher eleve, etvoiläcomment s’en trouvenl ceuxquienonteteatteints.«Il lui montraenmömetemps des Grecs qui avaient les cötes etles cuisses fracassees. « S’ils epuisentleurs pierres, dit Xenophon, y aura-l-ilencore quelque obslacle qui nous arreleau passage, ou n’y enaura-t-il plus? carnous n’apercevons que peu d’hommesdansce poste, et deux ou trois tout auplus qui soient armes. A peine l’espaceperilleux a parcourir est-il d’un plethreet demi : vous le voyez vous-meme;plus d’un plethre encore est couvert degros pins öpars, et ni les pierres qu’onlance» mcelles qu’on fail rouler ne bles-

seraient des hommes qui se tiendraiehtdebout derriere ces arbres. Il ne restetadonc plus qu’un demi-plethre environqu’il faudra traverser ä la course desque l’ennemi prendra un moment derepos. ■— Mais, repliqua Chirisophe,aussitöt que nous nous mettrons enmarche pour gagner ce bois clair, unegröle de pierres tombera sur nous; —Tant mieux, dit Xenophon, les Baibaresconsommeronl certainement d’autantplus vite les magasins qu’ils en ont faiis,Mais portons-nous ä l’endroit d’oü nousaurons moins ä courir, si nous pouvonsmonter a l’assaut, et d’oü notre retraitesera la plus facile, si nous sommes rö-duits ä prendre ce parti. »

37. Alors Chirisophe elXenophon s’a-vancerentavec Callimaque Parrhasien,celui des chefs de lochos de l’arriere-garde qui elait de jour: les autres res-terentdans leterrain oü il n’yavaitrienä craindre. Ensuite, environ soixanle-dix hommes se porterent derriere lesarbres, non en troupe, mais unäun,chacun prenant garde ä soi le mieuxqu’il pouvait. Agasias de StymphaleetArislonyme de Methydrie, qui etaientaussi chefs de lochos de l’arriere-gardfe,et d’autres Grecs, se tenaient debouthors de l’espace plante; car les arbresne pouvaient mcttre ä couvert qu’unlochos. Callimaque alors invenle unslratageme; il courail ä deux ou troispas de son arbre, et se retirait promp-tement derriere des qu’on langail despierres. Chaque fois qu’il repetait cettemanoeuvre , les ennemis en jetaientplus de dix charretees. Agasias voyaitce que faisait Callimaque. Il obser-vail que toute l’armee avait les yeuxlournes sur ce chef, el craignant quilne courüt le premier au poste des enne-mis, et qu’il n’y enträt, il y court lui-meme et devance tous les Grecs, nap-pelant ni Arislonyme, qui elait presde