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Tome premier.
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XfiNOPHON.

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quelgues-uns, en fu d’aulres prison-niers, et prit environ vingt boucliers.Ils etaient de la forme de ceux des Per-ses, recouverts d’un cuir de boeuf cru,et garni de ses poils.

41. Les cris s’augmenterent et se rap-procherent; car de nouveaux soldats sejoignaient sans cesse en courant ä ceuxqui criaient. Leur nombre augmentant,le bruit redoublait, et Xenophon crutqu’il ne s’agissait pas d’une bagatelle. 11monta ä cheval, prit avec lui Lycius etles cavaliers grecs, et courut le long duflanc de la colonne pour donner du se-cours. 11 distingua bientöt que les sol-dats criaient la mer! la merl et se feli-citaient les uns les autres. Alors arriere-garde, equipages, cavaliers, toutcourutau sommet de la monlagne. Quand tousles Grecs y furent arrives, ils s’embras-serent; ils sauterent au cou de leursgeneraux et de leurs chefs de lochos, leslarmes aux yeux. Aussitöt, sans qu’onait jamais su qui leur donna ce conseil,les soldats apportent des pierres et enelevent un grand tas; ils le couvrent deces boucliers garnis de cuir cru, debätons et d’autres boucliers ä la perse,pris ä l’ennemi. Le guide coupa plu-sieurs de ces boucliers, et exhorta lesGrecs ä l’imiter. Ils renvoyerent ensuitece Barbare, apres lui avoir fait des pre-sens. L’armee lui donna un cheval, unvase d’argent, un habillement ä laperse, et dix dariques. II demanda sur-tout des bagues, et en oblint de beau-coup de soldats. Ensuite il montra unvillage oü l’on pouvait cantonner, et lechemin qu’il fallait suivre ä travers lepays des Macrons. Puis il altendit jus-qu’ausoir, et, quand la nuit fut noire,il partit et quitta l’armee.

42. Les Grecs firent ensuite, en troismarches, dix parasanges ä travers lepays des Macrons. Le premier jour, onarriva ä un fleuve qui separait ce pays

de celui des Scylhins; sur la drohe dal’armee etail une montagne tres-escar-pee, ä sa gauche un autre fleuve danslequel se jetail celui qui faisait les li-mites des deux provinces, et qu’il fal-lait passer. Sa rive etait bordee d’unelisiere de bois; ce n’etait pas une hautefutaie, mais un taillis fourre. Les Grecss’etant avances, commencerent ä lecou-per: ils se hätaient d’autant plus qu’ilsvoulaient sortir promptement de cetlemauvaise position. Les Macrons, armesde boucliers ä la perse, de lances, etrevetus de luniques tissues de crin, s’e-taient mis en bataille sur l’autre rivedu fleuve - , ils s’exhortaient mutuelle-ment ä bien combattre, et jelaient despierres qui retombaient dans l’eau; carils ne purent atteindre les Grecs, ni enblesser aucun.

45. Alors un des armes ä la legere,qui disait avoir ete esclave ä Athenes,vint trouver Xenophon, et lui dit qu’ilsavait la langue de ces Barbares. «Jecrois, ajoula-t-il, que leur pays est mapatrie, et si rien ne s’y oppose, je vou-drais causeravec eux. — Riennevousen empeche, reprit Xenophon : par-Iez-leur, et sachez d’abord quels ilssont. » On leur fit celte question, etilsdirent qu’on les appelait les Macrons.

« Demandez-leur, ajoula Xenophon,pourquoi ils se sont langes en bataillecontre nous, et veulent etre nos enne-mis. — C’est, repondirent les Macrons,parce que vous venez envahir notrepays. — Repliquez-leur, dirent les ge-neraux , que ce n’est point pour leurcauser le moindre dommage que nousy voulons passer, mais qu’ayant fait laguerre ä Artaxerxes, nous desirons deretourner en Grece et d ’arriver ä la mer.»Les Barbares voulurent savoir si lesGrecs confirmeraient ces paroles pardes sermens. Ceux-ci demanderent ärecevoir et ä donner les signes garans